Le rôle de l'arrière raconté par Jérôme Fernandez

Propos recueillis par Stéphane ALLIES

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A l’occasion de la Coupe du monde de handball qui a lieu du 19 janvier au 9 février, les joueurs de l’équipe de France, champions d’Europe l’an dernier, racontent leur sport et la spécificité de leurs postes respectifs.

«Etre capable de tirer dans tous les coins du but et très très fort»
Par Jérome Fernandez, champion d’Europe, champion du monde et double vainqueur de la Ligue des champions

«J’ai pris goût au hand dans le ventre de ma mère, mes parents étaient tous les deux joueurs et à 5 ans et demi je prenais ma première licence. Dans mon petit club, on se battait pas vraiment pour le poste et je m’y suis retrouvé un peu par défaut. En plus, j’ai eu une croissance tardive et jusqu’à 18 ans j’avais un physique longiligne de 1m75. Mais j’ai été formé par Boro Golic (grand entraîneur et père de l’International Andrej Golic) aux trois postes d’arrière, ce qui m’a permis d’équilibrer mon jeu et mes shoots, autant à droite qu’à gauche et au centre. Et puis, en deux ans j’ai grandi jusqu’à 1m97. C’est d’un coup devenu plus facile.

Le poste d’arrière demande surtout de travailler le tir de loin. C’est un travail très spécifique, car il faut être capable de tirer dans tous les coins du but et très très fort. Au contraire des autres joueurs, on n’utilise presque pas notre poignet et jamais les effets. Que de la puissance et de la vitesse d’élan. Il y a aussi une part importante d’observation, car il faut apprendre à analyser très vite la position du gardien au moment de lâcher le tir, tout en pensant qu’il y a aussi le contre des défenseurs à éviter. Enfin, quand on ne s’élance pas pour tirer, il faut savoir être très attentif et balayer son regard à 180°, pour ne rien rater de ce qui se passe dans la défense adverse et dans la position de nos coéquipiers.

Il peut aussi avoir une part de création. Mais là, c’est un débat qui n’est pas tranché dans le monde du handball. L’altruisme d’un arrière dépend du caractère de l’arrière. On me reproche beaucoup de trop chercher la passe et pas assez le but. Mais moi, je n’attache pas d’importance à marquer beaucoup. Courir, sauter, tirer fort, on peut tous le faire, finalement. Mais faire des passes en plus, c’est là qu’on fait la différence. Le positionnement de la défense joue aussi. Je suis plus à l’aise face à des défenses «profondes, type 5-1» (avec un joueur devant la ligne de défense) que devant des organisations «à plat», où il y a moins d’espace et plus de contacts.»