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Le rôle du pivot raconté par Bertrand Gille

Le rôle du pivot raconté par Bertrand Gille

Alors que le mondial débute ce soir, cinq joueurs de l'équipe de France expliquent leur sport
Propos recueillis par Stéphane ALLIES

Propos recueillis par Stéphane ALLIES

A l’occasion de la Coupe du monde de handball qui a lieu du 19 janvier au 9 février, cinq joueurs de l’équipe de France, champions d’Europe l’an dernier, racontent leur sport et la spécificité de leurs postes respectifs.


«On touche la balle très rarement et quand ça arrive, il faut marquer»

Par Bertrand Gille, élu meilleur joueur du monde en 2003


«Je suis arrivé au handball par mon père, qui était entraîneur. J’ai pris ma première licence à l’âge de 6 ans et suis devenu pivot à 18 ans, lors de ma première saison à Chambéry, après la blessure du titulaire. C’est Philippe Gardent (ancien pivot de l’équipe des Bronzés, 3e aux JO de Barcelone en 1992) qui m’a fait passer à ce poste et qui m’y a formé, ce qui n’est pas rien.

C’est un poste très particulier. On joue dos au but tout le match, on touche la balle très rarement et quand ça arrive, c’est toujours pour tenter de marquer. On a très peu de temps pour réussir ce qu’on veut faire. Notre mission est d’utiliser le moindre trou dans la défense, pour soi-même ou pour créer des intervalles pour nos attaquants.


Contrairement à ce qu’on dit, on a pas besoin d’être vicelard pour jouer pivot. En revanche, il vaut mieux avoir une très bonne condition physique, car on a toujours un défenseur sur le dos et qu’on prend beaucoup de coups. Il faut être physiquement complet, explosif et adroit. Et, surtout, c’est un poste où la confiance est essentielle. Moi je me répète souvent : «il n’y a pas de défense à qui on ne met pas de but».


Et puis il y a la relation avec le gardien, faite de beaucoup d’intox. Au mondial 2003, je me suis fait «enterré» par Fritz, le gardien allemand, en demi-finale. Il n’a pas cessé d’être arrogant, parfois véhément avec moi. Résultat, il a pris le pas sur moi et a arrêté quasiment tous mes tirs. Donc il a eu raison ce jour-là. Dans ce cas-là, il faut vite oublier et penser à sa revanche. Ce qui est bien avec le hand, c’est que tous les gardiens du monde connaissent tous les pivots du monde. Et c’est toujours le même jeu, celui du «je sais que tu sais que je sais où je vais tirer». Le tout, c’est de faire croire qu’on sait mieux que l’autre.»