Pour Thierry Frémaux, le derby Lyon-Saint-Etienne «est un signe généreux d’appartenance sociale, géographique et collective»
FOOTBALL•Le délégué général du Festival de Cannes est un supporter inconditionnel de l’Olympique lyonnais…Stephane Marteau
Le 108e derby entre l’OL et l’AS Saint-Etienne, programmé ce dimanche (21 h), au stade de Gerland, n’entrera pas en concurrence avec le Festival de Cannes dont la 67e édition s’ouvrira le 14 mai. Ce n’est pas pour autant que Thierry Frémaux n’a pas un emploi du temps chargé. Il a néanmoins trouvé le temps d’évoquer pour 20 Minutes ses souvenirs de derbys.
D’où vient votre passion pour l’OL?
Depuis la finale de Coupe de France perdue contre Rennes en 1971 (0-1) et celle remportée contre Nantes en 1973 (2-1). J’ai commencé à aller à Gerland à partir de la saison 1973-1974. L’identification aux joueurs, c’est comme en cinéma avec les acteurs. Les inspirations d’enfant vous suivent pour toujours. Je peux encore citer par cœur la composition de l’équipe de ces années-là, où l’OL était invincible à Gerland.
Que représente pour vous le derby?
Au-delà des petites polémiques qui restent quoi qu’on en dise à un niveau acceptable, le derby est un signe généreux d’appartenance sociale, géographique et collective. C’est un match à enjeu symbolique et sportif, un double rendez-vous annuel. Lyonnais comme Stéphanois, joueurs comme supporters, doivent être fiers d’en être.
Quel est votre premier souvenir d’un derby?
Une cuisante défaite sous la pluie à Gerland, avec un Larqué déchainé! Je crois qu’on avait pris 4 ou 5 buts (0-2).
Quels sont ceux qui vous ont le plus marqué?
Ceux où Juninho renversait un match à lui tout seul, sur un de ses coups francs magique, à la stupéfaction des Verts. Et évidemment celui de la dernière défaite à domicile de l’OL (0-1 en septembre 2010), avec Jean-Michel Aulas qui fait un malaise après avoir parlé aux supporters lyonnais.
Que vous inspire le retour au sommet de l’ASSE?
Que du bien. Nous avons tous grandi à l’époque de la grande aventure des Verts et il en reste quelque chose. L’essentiel est juste qu’on termine devant eux en L1!
Partagez-vous le sentiment de Benjamin Biolay qui a reconnu que l’ASSE est le club qu’il déteste le plus?
J’adore la passion que Benjamin met dans tout ça, son excès est formidablement réjouissant ! Cela dit, je rappelle que les Lyonnais aiment plus les Stéphanois que les Stéphanois les Lyonnais. Je me trompe?
Est-ce que la dramaturgie d’un match de foot ou d’un derby est plus forte qu’une fiction?
Quand il est exceptionnel, le réel dépasse la fiction sans problème. C’est pourquoi, en cinéma, j’adore le documentaire. Mais l’émotion d’une fiction réussie, c’est bien aussi.
« On attend encore le grand film sur le football » avez-vous récemment déclaré dans l’Equipe. Pensez-vous que ce grand film verra le jour et qui verriez-vous aux manettes pour le réaliser?
Il y a trop de bons cinéastes qui s’intéressent au football pour que l’un d’entre eux ne nous fasse pas la surprise d’un grand film. Celui de Ken Loach sur Cantona (Looking for Eric) est plus une allégorie sur les supporters. Il faudrait l’équivalent de ce qu’Oliver Stone a fait pour le foot américain (L’Enfer du dimanche). Stephen Frears pourrait le faire, mais il vient d’enchaîner deux films sur le sport.
Où serez-vous dimanche?
A Gerland.
Quel est votre pronostic?
Ce devrait être un match serré, avec un score serré, comme souvent ces dernières années. 2 à 1 pour l’OL.


















