Pourquoi est-il si important que les formules 1 fassent autant de bruit?

FORMULE 1 Le son des nouveaux moteurs a fait grincer des dents en Australie…

Antoine Maes
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La Mercedes de Nico Rosberg, vainqueur du Grand Prix d'Australie de Formule 1, le 16 mars 2014.
La Mercedes de Nico Rosberg, vainqueur du Grand Prix d'Australie de Formule 1, le 16 mars 2014. — PAUL CROCK / AFP

Des aspirateurs. Des tondeuses à gazon. Des rasoirs électriques. A écouter ceux qui étaient à Melbourne le week-end dernier, la bande-son de l’Albert Park ressemblait plus à un samedi chez Darty qu’au premier Grand Prix de Formule 1 de la saison. Par rapport à la saison dernière, la différence est en effet saisissante. La raison est toute simple: les moteurs sont passés d’un V8 atmosphérique à un V6 Turbo, la FIA ayant voulu baisser le volume de ses voitures de 145 à 134 decibels, pour se rapprocher du seuil des 110, comme l'explique Metro.

«J’avais des écouteurs dans les oreilles donc j’avais du mal à entendre les voitures. Je me suis retourné un paquet de fois pour ne pas me faire renverser», sourit Franck Montagny. Ancien pilote lui-même, aujourd’hui consultant pour Canal +, il regrette la mélodie du V10 Renault: «c’était quand même fantastique». Et encore, il n’a pas connu le légendaire V2 de la Ligier de Jacques Laffite de la fin des années 70…

Au volant, la différence n’est pourtant pas fondamentale. «Les pilotes n’entendent pas mieux qu’avant, ils entendent d’autres choses, reprend Montagny. Aujourd’hui, ils doivent écouter leur turbo. Sur les pneus, ils peuvent coupler l’information audio à la sensation, ce qu’on n’avait pas avant. A l’inverse, le moteur on l’entend moins, donc tu auras plus de difficulté à décrire un problème à ton ingénieur moteur parce que tu ne seras que sur la sensation.»

Habitués à gérer les changements de règlements, pilotes et écuries n’ont pas hurlé sur le nouveau son de leurs bolides. Mais les organisateurs et les fans, si. Le patron de la course australienne, Ron Walker, y a même vu «une violation de notre contrat». «Ce n’est pas pour cela qu’on paie. Cela doit changer parce qu’on doit créer une demande de la part du public, et beaucoup de gens aiment le bruit des voitures de course».

Et pourtant, elles vont aussi vite qu’avant, tout en diminuant la pollution sonore, et cerise sur le gâteau, en consommant beaucoup moins de carburant. «Le bruit dérange, sur un circuit comme partout, constate Franck Montagny. Je ne connais pas un circuit qui n’a pas de problème avec les écolos à cause du bruit. Mais là, le GP2 va faire plus de bruit. Et un novice trouvera qu’en GP2 ça va plus vite qu’en F1 alors que ce n’est pas vrai, parce que dans la tête des gens, le bruit est source de vitesse».

Que les mélomanes du moteur se rassurent, la situation devrait très bientôt revenir à la normale, et les F1 ne plus sonner comme une Autolib’. Franck Montagny: «Ils vont changer d’échappement tout simplement, et repasser à deux sorties». Un peu comme l’idiot de votre quartier qui percait le pot de sa mobylette pour faire croire qu’il conduisait une Harley.