Cyclisme sur piste: «Thomas Boudat est un surdoué», selon Quentin Lafargue

Propos recueillis par Marc Nouaux

— 

Quentin Lafargue lors des championnats de France au vélodrome de Bordeaux-Lac en juin 2012.
Quentin Lafargue lors des championnats de France au vélodrome de Bordeaux-Lac en juin 2012. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Quentin Lafargue (23 ans), triple médaillé d’or mondial en junior, et régulièrement sur les podiums nationaux et européens depuis quelques années, n’a pas été retenu pour disputer les Championnats du Monde cette année. Mais consultant pour France Télévisions, il a suivi de près toutes les épreuves et notamment l’Omnium, remporté par Thomas Boudat (20 ans). Elevé dans le même club que le récent champion du Monde, le VC Langon en Gironde, Quentin Lafargue évoque son jeune coéquipier.

Thomas Boudat est dans la continuité de l’année dernière quand il avait été champion de France de l’Omnium à 19 ans…

Il faut bien différencier le niveau français de l’omnium car il n’est pas du tout bon. Il n’y a pas vraiment de spécialistes mis à part Thomas et Bryan Coquard. Il a vraiment commencé à se montrer lorsqu’il est monté sur un podium en Coupe du Monde, et c’était il n’y a pas longtemps, quand il a terminé troisième à Guadalajara, au Mexique, lors de la dernière manche avant les Mondiaux. Et encore, ce jour-là, il n’y avait même pas le gratin de l’omnium. J’ai été le premier surpris de le voir enchaîner des performances de ce niveau. Ce qui le pénalisait généralement, c’était l’épreuve de poursuite, mais là, il a fait septième. Il n’a pas flanché sur le reste. A 20 ans, il ne doute pas, il est très solide.

Etre champion du Monde aussi jeune révèle un potentiel énorme…

Ca vient vite, c’est clair. Il était encore junior il y a un an et demi. C’est un surdoué. Il est très à l’aise dans les courses avec peloton. Il va devenir un grand. A 20 ans, il fait déjà partie du gratin mondial. En plus, il vient d’envoyer un message à Bryan [Coquard] pour les JO de Rio. S’il compte revenir, il devra batailler car il n’y aura qu’une place et Thomas vient de prendre un avantage.

Peut-il s’installer comme un patron de l’omnium mondial ?

Il faut relativiser car dans ce format-là, ce n’est jamais le même qui a réussi à gagner deux fois d’affilée les championnats du monde. Il sera certainement en lice pour se qualifier pour les JO mais il faudra se battre.

Peut-il connaître une belle carrière sur route ?

Les pistards qui font de l’endurance sont généralement des sprinteurs sur route, à l’image de Bryan. Je pense que Thomas sera un bon routier car c’est un battant, un guerrier, compétiteur qui ne lâche jamais. Il sait construire ses victoires tout seul. Sa force, c’est de faire «péter» les autres.

Vous l’avez vu démarrer sa carrière lorsqu'il était en cadets…

C’est un petit mec que j’ai vu grandir dans notre petit club. Il a galéré un peu chez les jeunes car il se mettait pas mal de pression. J’ai le souvenir d’un championnat de France en cadets qu’il a loupé alors que c’était le meilleur. Ce genre de défaites lui a bien servi pour grandir et être prêt mentalement aujourd’hui. Maintenant, c’est un vrai professionnel. Je suis hyper content pour lui car c’est un bon mec qui travaille vraiment pour arriver à ce qu’il veut. Etre professionnel sur route.