Sotchi 2014: Darya Domracheva, la vraie Tsarine des Jeux

BIATHLON Avec trois titres individuels, la biathlète biélorusse est la star féminine de ces JO. Du moins côté résultats…

Romain Scotto

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La biathlète biélorusse Darya Domracheva, après sa victoire aux Jeux olympiques de Sotchi en mass star, le 18 février 2014
La biathlète biélorusse Darya Domracheva, après sa victoire aux Jeux olympiques de Sotchi en mass star, le 18 février 2014 — MOLLY RILEY/NEWSCOM/SIPA

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie)

La Biélorussie n’a pas Martin Fourcade, mais elle a son pendant féminin à Sotchi. Une athlète tout aussi gloutonne, qui embrasse la caméra à l’arrivée de ses courses ou attendrit le téléspectateur en formant un petit cœur avec ses doigts. Couverte d’or sur le site de Laura, Darya Domracheva est la première biathlète sacrée à trois reprises lors des mêmes JO. Une performance sportive qui en fait la star féminine de ces Jeux, même si à 27 ans, la Biélorusse n’a rien d’une icône planétaire, à l’image de Lindsey Vonn, happée par les marques (mais absente à Sotchi pour cause de blessure).

Celle que tout le monde appelle «Dasha» n’a que ses résultats pour se vendre auprès des médias et des sponsors. Elle a aussi la chance d’être adoptée par le pays hôte des JO, la Russie, qui vit grâce à elle quelques frissons par procuration au biathlon. Petite, c’est à Khanty Mansiyk, en Sibérie, qu’elle a dégommé ses premières cibles. «Ses parents sont architectes et sont à l’origine de tout le développement de cette ville de l’est de la Russie», avance Vladimir Novitski, le commentateur de la télé biélorusse dont la plus grande fierté est de s’être payé en direct la tête de Raphaël Poirée lorsqu’il avait prédit la victoire de Tora Berger dès les premières courses.

En couple avec Bjoerndalen?

Pour lui, Darya Domracheva n’est pas seulement une tireuse d’élite glaciale. Mais bien une «sunny girl», érigée en modèle dans son pays. Avec ses trois titres, elle a déjà été élevée au rang de chevalière d’honneur du pays, la plus haute distinction en Biélorussie et récolté un joli magot avec sa razzia olympique (150.000 dollars par médaille d’or).  Désormais, la biathlète n’a plus grand-chose à envier à Viktoria Azarenka ou Max Mirny, les deux sportifs les plus connus du pays. «Seul Vitaly Sherbo, le gymnaste sacré six fois aux Jeux de Barcelone sera toujours au-dessus», poursuit Novitski.

Son histoire intéresse aussi fortement le public norvégien, depuis que la presse locale lui prête une relation avec Ole Einar Bjorndalen. Cet amour secret serait à l’origine du récent divorce du multi médaillé des Jeux. A Sotchi, Domracheva n’a pas souhaité s’étaler sur sa vie privée. Mais elle n’a pas non plus nié être l’une des proches d’Ole, «un grand athlète qu’elle apprécie.» «Dasha» attend peut-être la fin des Jeux pour officialiser sa romance. En attendant, il lui reste un relais à disputer, même si collectivement, la Biélorussie reste en retrait. La triple médaillée d’or fait aussi partie des huit éligibles à la commission des athlètes du CIO. Le verdict est attendu avant la cérémonie de cloture. Peut-être une quatrième victoire dans sa folle quinzaine à Sotchi?