Sotchi 2014: Quand les chiens errants envahissent la ville des Jeux

JEUX OLYMPIQUES Malgré les mesures prises par le comité d’organisation pour les chasser…

Romain Scotto

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Des chiens errants à Adler, autour du parc olympique des Jeux de Sotchi, le 12 février 2014
Des chiens errants à Adler, autour du parc olympique des Jeux de Sotchi, le 12 février 2014 — R.S./20minutes

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),

Sur les brochures touristiques de Sotchi, les ruines du fort Lazarev, le parc Riviera ou le monastère Krestovaya occupent une place de choix. Rien, en revanche sur le chenil de la ville, qui héberge depuis le début des Jeux des centaines de chiens, récupérés autour des installations olympiques. Le sujet est même assez sensible. «Je ne sais pas où se trouve cet endroit. Ne cherchez pas», balaye le responsable du bureau «Sotchi info» au parc olympique d’Adler. Avant de poursuivre: «De toute façon, il n’y a pas de chiens à Sotchi. Moi, je n’en vois jamais. Je ne sais pas où vous avez pu en voir.»

A vrai dire, un peu partout. Sur le bord de mer, impossible de se promener sans être reniflé tous les 100 mètres. Dans les rues, les aboiements sont incessants et les voitures doivent parfois slalomer pour éviter ces hordes de chiens errants. Sans colliers ni tatouages, certains ont même été aperçus dans les villages olympiques, poussant les comités nationaux à livrer quelques recommandations à leurs athlètes. Une morsure la veille d’une épreuve serait malvenue, même si Roman, un traducteur, assure «qu’ils ne sont pas méchants et n’embêtent personne.»

Tués par balle ou empoisonnement

Soit, mais cela n’a pas empêché les autorités russes de lancer une grande opération de «nettoyage» à l’occasion des JO. Officiellement, un service spécial s’occupe du ramassage des bêtes. «C’est un service de la ville, indique Aleksandra Kosterina, en charge de la communication du comité d’organisation. Ils les attrapent pour les examiner et voir s’ils sont en bonne santé.» Voilà pour la version édulcorée.

En Russie, la majorité des molosses envahissants sont en réalité capturés pour être tués. Par balle ou par empoisonnement. Le New York Times révélait récemment un contrat passé entre les autorités russes et la société d’extermination de nuisibles Basia services. Le chiffre de 300 euthanasies par jour est avancé. Une situation dénoncée par de nombreuses associations qui préconisent une stérilisation et une vaccination des chiens errants.

Les sauveurs de chiens

Mais d’autres initiatives, plus marginales, sont apparues récemment pour les sauver. Le milliardaire russe Oleg Deripaska, aurait promis un chèque de 65.000 dollars pour construire un nouveau refuge. La presse russe relate aussi l’histoire d’Igor Ayrapetyan, un Moscovite ami des bêtes qui aurait fait le déplacement en voiture jusqu’à Sotchi pour récupérer 11 chiens dans son 4X4. Sur une page Facebook, il décrit son périple, illustré par des photos de chiots attendrissants. Mais aussi de quelques charniers un peu plus glaçants.