PSG: «Un très bon joueur doit être un peu vicieux», assure Pierre Ducrocq

FOOTBALL A Nantes, mardi soir, les Parisiens ont été taxés de «tricheurs» et «malicieux» par Michel Der Zakarian…

Antoine Maes

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Le milieu de terrain du PSG Thiago Motta, le 4 février 2014, à Nantes.
Le milieu de terrain du PSG Thiago Motta, le 4 février 2014, à Nantes. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

«Paris est une équipe vicieuse, qui a de la malice». Pour Michel Der Zakarian, l’entraîneur du FC Nantes, affronter le PSG n’est pas nécessairement synonyme de match à la loyale. Eliminés par les Parisiens en demi-finale de la Coupe de la Ligue, les Canaris n’ont pas vraiment adoré le comportement de Thiago Motta et consorts. Mais pour Pierre Ducrocq, ancien milieu de terrain du PSG et consultant de France Bleu 107.1, râler, simuler et mettre des coups en douce fait aussi partie de la panoplie d’une grande équipe.

Comprenez-vous les propos de Michel Der Zakarian, qui a parlé de «tricheurs» au PSG après la défaite de Nantes mardi soir?

C’est son rôle de dire ça. Avant le match, c’est lui qui parle d’aller au combat. En 1ere mi-temps, ses joueurs sont inexistants, et en 2e mi-temps, ils reviennent avec l’intention de faire péter les plombs à Paris. Ça a été assez net. Tu remarques que souvent les coups ne sont pas donnés sur Silva, Alex ou Lucas, des joueurs de plutôt calme. C’est sur Ibrahimovic ou Motta, c’est ciblé, il y a des consignes.

Ce côté «vicieux», c’est une qualité ou un défaut?

Dans l’idéal sportif, Coubertin, etc... C’est vrai qu’on devrait être honnête sur un terrain. Maintenant, il ne faut pas être utopiste. C’est comme dans la vie: si tu veux monter dans l’échelle sociale, tu ne peux pas être le mec toujours tout blanc, toujours gentil avec tout le monde, sinon tu te fais bouffer. Sur le terrain, à un moment, parce que les autres se servent du vice, tu es obligé de t’en servir.

Le PSG n’est pas assez fort pour ne pas avoir recours à ça?

Mais ça n’existe pas. Et encore moins en France, où les premiers, les plus forts, les plus riches, tu les jalouses. La mentalité française est comme ça. Et donc tu luttes, et pas seulement avec les armes techniques, tactiques et physiques.

A force, Paris peut-il tomber dans le collimateur des arbitres?

Il faut qu’ils se méfient. Ils peuvent moins parler que certaines équipes moins suivies. Moi je trouve que Zlatan a fait beaucoup de progrès là-dessus. L’an passé, c’était beaucoup plus visible. Hier, Djillobodji le cherche tout le match, Zlatan doit avoir du répondant, mais avec beaucoup de malice, beaucoup de vice. A la fin du match, il va lui parler à Djilobodji, qui lui a cassé les bonbons tout le match. Il le chambre, mais c’est normal, on est des hommes aussi. Je ne pense pas que Djolobodji se serait privé s’il avait gagné.

Qui est le meilleur parisien dans ce domaine?

Pas Thiago Motta. L’air de rien, à chaque fois, il rentre dans les embrouilles, même celles qui ne le concernent pas. Il s’en sort, mais il est toujours borderline. Après, il y a des joueurs qu’on voit moins à ce niveau-là: Thiago Silva, il se laisse jamais marcher sur les pieds. Alex pareil.

Peut-on être une très bonne équipe européenne sans avoir ces qualités-là?

Je ne pense pas. Le Barça par exemple est très fort dans l’art de pleurer, de se victimiser. C’est du vice aussi. Aujourd’hui, tu es quasiment obligé. Malheureusement ça fait partie du foot moderne. Un très bon joueur doit être un peu vicieux, sinon ça devient un joueur juste bon.

Quel est le joueur le plus malicieux que vous ayez croisé durant votre carrière?

Marco Simone était très fort au niveau du vice. Je me rappelle de discussions à la fin de l’entraînement avec Edouard Cissé, il nous apprenait comment il mettait sa jambe en opposition pour prendre un coup et obtenir la faute, comment mettre des petits coups sur les corners. Il était super fort là-dessus.