Mercato: Quel est le portrait-robot du joueur qui quitte la Ligue 1?

FOOTBALL Selon une étude du Centre international d'étude du sport (CIES)…

Julien Laloye

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Mathieu Debuchy à la lutte avec Laurent Koscielny, le 29 décembre 2013 à Newcastle.
Mathieu Debuchy à la lutte avec Laurent Koscielny, le 29 décembre 2013 à Newcastle. — SIPANY

Bien sûr, le Brésil est intouchable. Mais depuis deux ans, il n’y a pas un pays qui exporte mieux ses footballeurs que la France. En 2013, ils étaient 306 professionnels à jouer dans un des 31 championnats européens en 2013, une envolée de 60% par rapport à 2012, selon le dernier rapport publié par l'observatoire des footballeurs professionnels (PFPO) du Centre international d'étude du sport (CIES) de Neuchâtel (Suisse). 20 Minutes a résumé pour vous l’expatrié français type.

Il est défenseur

Le mythe du jeune attaquant de L1 à la Thierry Henry ou à la Nicolas Anelka débauché à prix d’or par Arsène Wenger a vécu. Les joueurs de Ligue 1 et de Ligue 2 qui filent à l’étranger sont d’abord des défenseurs :  37% des pros concernés, contre 30% en moyenne pour les autres pays. Seule la Serbie fait mieux avec 39% de défenseurs, copiés dans le moule Bisevac. «On peut y voir un rapport avec la réputation de la L1, un championnat considéré comme difficile pour les attaquants en raison du marquage défensif  avance Loïc Ravenel, chercheur au CIES. Mais ce n’est pas une vérité absolue. Contrairement aux idées reçues, les Brésiliens exportent par exemple autant de défenseurs que d’attaquants.»

Il a déjà 2/3 ans de carrière derrière lui

Si les centres de formation français sont reconnus pour sortir par bataillons des joueurs prêts à évoluer en pro rapidement, ces derniers sont devenus plus patients. Ils ne partent plus au clash comme un Vincent Péricard ou un Ousmane Dabo pour partir avant d’avoir une ou deux saison de L1 complète dans les jambes. «La moitié des Français qui sont partis l’ont fait dans la force de l’âge, détaille Ravenel. Il y en a à peine un sur dix qui a choisi de s’en aller avant 22 ans, c’est moins que la moyenne européenne.» A l’image d’un Thauvin ou d’un Digne, les jeunes espoirs actuels passent par la case grand club en France avant de tenter leur chance à l’étranger. Sans compter que les recruteurs apprécient le bagage tactique fourni par la L1, comme l’expliquait récemment José Mourinho.

Il ne veut pas partir trop loin

Si les Français sont présents dans tous les championnats européens à l’exception d’un ou deux, comme la Suède ou la République tchèque, ils n’ont pas non plus une âme d’aventuriers. Un tiers d’entre eux évoluent soit en Belgique (52), soit en Angleterre (49). «Il y a un effet de frontière évident confirme Ravenel. Les Français préfèrent se rendre dans des pays limitrophes, même s’il s’agit de championnats inférieurs à la Ligue 1 comme celui du Portugal ou de la Suisse.» Dans ce cas-là, c’est autant la logique économique que sportive qui prime. «il s’agit de joueurs qui ne trouvent pas d’emplois en France». Les autres font le bonheur des cinq grands championnats européens, où le défenseur français déjà expérimenté est une denrée très recherchée.