OM: Pourquoi Vincent Labrune a décidé de se séparer d'Elie Baup

FOOTBALL L'entraîneur marseillais a appris son remplacement par José Anigo samedi matin, au lendemain d'une défaite face à Nantes (0-1)...

A Marseille, Camille Belsoeur

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L'entraîneur de l'Olympique de Marseille, Elie Baup, le 24 février.
L'entraîneur de l'Olympique de Marseille, Elie Baup, le 24 février. — K.VILLALONGA/AP/SIPA

Deux jours plus tard, la scène prend une autre dimension. Jeudi, lors de la traditionnelle conférence de presse avant la rencontre contre Nantes vendredi, Elie Baup accueillait avec gravité la nouvelle de la démission de Jean Fernandez, l’entraîneur de Montpellier. «Je l’appellerai car c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Dernièrement, on avait partagé un repas, passé quelques heures à discuter de notre métier. Je ne l’ai jamais vu lâcher. On connaît notre métier, c’est très difficile. Je lui souhaite de digérer ça et de rebondir.». Moins de 48 heures plus tard, les mêmes mots peuvent s’appliquer au désormais ex-entraîneur marseillais.

Le licenciement de «l’homme à la casquette» apparaît comme une surprise. Si l’OM traverse un automne pourri (cinq défaites en Ligue des champions, déjà six défaites en Ligue 1 et une cinquième place loin de ses ambitions de podium), le président de l’OM, Vincent Labrune, a toujours défendu avec fermeté son entraîneur, en avançant en guise d’explication un projet sur le long terme, «à la Dortmund». Contrairement à son habitude, le Vélodrome s’était lui aussi montré plein de patience. Même au cœur de ce mois d’octobre affreux (5 défaites de suite toutes compétitions confondues), il n’avait jamais pris à parti l’entraîneur phocéen. Jusqu’à cette défaite de trop vendredi face à Nantes, une semaine après celle concédée face à Lille sur un score identique (1-0), où des «Baup démission» sont descendus des travées à partir de l’heure de jeu.

Une réunion entre Baup, Anigo et Labrune vendredi soir

Abattu devant les journalistes en conférence de presse vendredi soir, Baup ne s’attendait pourtant pas à laisser sa tête. «Il faut être maintenant costaud jusqu’à la trêve pour limiter la casse», avançait-il. L’hiver se fera pourtant sans lui au QG olympien, le centre d’entraînement Louis-Dreyfus. Quand Vincent Labrune et José Anigo ont-ils pris leur décision? Une réunion à trois a rassemblé le président, le directeur sportif de l’OM et Elie Baup dans les entrailles du Vélodrome après le revers face à Nantes. Pendant plus d’une heure, les trois hommes ont discuté pour tenter de trouver des solutions pour redresser un navire chancelant.

Car sur le terrain, Elie Baup semblait ne plus avoir les clés d’un renouveau. Critiqué ces derniers mois pour ne pas faire assez confiance aux jeunes et prometteuses recrues, comme Imbula, Mendy, Thauvin ou Lemina, l’entraîneur marseillais avait tenté de leur offrir un plus grand temps de jeu depuis quelques matchs. Sans plus de résultats. Symbole de ce pari perdant, Giannelli Imbula, 20 ans, qui, après un très bon début de saison, semblait perdu sur le terrain à un poste de meneur de jeu qui n’est pas le sien.

Résultat, un vestiaire morose et un podium, synonyme de qualification pour la prochaine Ligue des champions, qui s’éloigne à grands pas avec provisoirement huit points de retard sur Monaco, qui doit jouer dimanche. Trop pour les dirigeants marseillais.