Ukraine – France: Comment se préparer mentalement pour un barrage

Romain Scotto

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Les joueurs de l'équipe de France, à l'entraînement à Clairefontaine le 11 novembre 2013 avant le match de barrage contre l'Ukraine.
Les joueurs de l'équipe de France, à l'entraînement à Clairefontaine le 11 novembre 2013 avant le match de barrage contre l'Ukraine. — FRANCK FIFE / AFP

Pour une fois, les joueurs et le staff ne font même pas semblant. Pas besoin de se creuser les méninges pour trouver un intérêt caché à la double confrontation contre l’Ukraine, vendredi et mardi. Ce barrage est clairement le défi le plus important proposé aux Bleus depuis un an et demi. Une sorte de climax de l’ère Deschamps que le groupe aborde avec une tension non dissimulée. Huis clos, évacuation de toutes les polémiques récentes et «union sacrée» sont les mots d’ordre du sélectionneur, qui n’aurait pas agi différemment il y a un siècle à la place de Clemenceau.

A sept mois du Mondial au Brésil, le match de Kiev se prépare bien comme une bataille, où le perdant a toutes les chances de laisser sa vie (sportive). «On est dans un esprit de défi, de combat. Il n'y a pas de place au doute, aux incertitudes, indique Deschamps. Il ne faut pas avoir de fébrilité et d'anxiété. Le haut niveau c'est l'agressivité, l'engagement.» Il y a quatre ans, les joueurs de Domenech avaient déjà goûté à ce genre de rencontres à quitte ou double. Face à l’Irlande, la main d’Henry les avait extirpés d’un angoissant traquenard. Mais l’enjeu de la rencontre avait clairement inhibés les Bleus.

«En 2009, toute l’équipe était très concentrée, appliquée, à l‘écoute de tout»

«Il y avait une très forte pression évidente, se souvient Pierre Mankowski, l’adjoint de Domenech qui n’avait pas décrété les huis clos la semaine précédente. Pour le sélectionneur des champions du monde U20, tout le travail du staff consiste à calmer le groupe, sans rien changer aux habitudes. «Il faut essayer de ne pas trop faire sentir la pression, en espérant qu’il n’y ait pas de petites histoires qui perturbent. Il faut que les joueurs sentent la confiance du staff. On joue très gros. Quand on sait ce qu’une Coupe du monde représente, on n’a pas envie de rater ça.»

Pendant toute la semaine, «Manko» avait relevé un net changement par rapport aux rassemblements habituels. Ribéry (blessé au genou) n’était pas là pour jouer les troubadours. Toute l’équipe était «très concentrée, appliquée, à l‘écoute de tout. C’est évident. Tout le monde pensait à ce match, plus que n’importe quel autre.» L’expérience des plus capés devrait compter. «Je vais demander aux anciens comment aborder cette rencontre», avouait lundi Paul Pogba, l’un des jeunots de la bande. Il pourra donc se tourner vers l’un des huit rescapés de 2009 (Lloris, Mandanda, Abidal, Evra, Sagna, Sissoko, Benzema, Rémy). Des joueurs censés maîtriser le trouillomètre, indispensables pour ne pas jouer avec les guiboles frappées du syndrome de Parkinson.