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Football: Les entraîneurs au chômage incités à l’exil
FORMATION – Les techniciens sans emploi n'hésitent pas à partir de plus en loin…Romain Baheux
Ils sont là, tous candidats au départ. Entraîneur, adjoint ou préparateur physique, ils alternent entre des contrats en Ligue 1 ou Ligue 2 et des périodes de chômage. Pour eux, l’étranger n’est plus une simple alternative dans un plan de carrière mais devient presque une nécessité. Mardi dernier, ils étaient une vingtaine au stage organisé par l’Union nationale des entraîneurs et des cadres techniques professionnels du football (Unecatef) pour se préparer à l’expatriation. «Il y a dix ans, seuls deux ou trois levaient la main un peu timidement quand je demandais aux stagiaires s’ils étaient vraiment prêts à partir, raconte Jean-Pierre Doly, ancien haut cadre chez Danone et Renault et conseiller de Raymond Domenech lors de son passage à la tête des Bleus. Maintenant, tout le monde est volontaire.» «Quinze entraîneurs présents au stage l’an dernier ont retrouvé du travail, raconte Didier Christophe, responsable du programme “Dix mois vers l’emploi” à l’Unecatef. Dix d’entre eux ont signé à l’étranger.»
Un réseau de proximité insuffisant
Ils n’ont plus le choix. Le marché de l’emploi français ne suffit plus à absorber les nombreux techniciens en quête d’une place dans un club hexagonal. Cette année, le syndicat des entraîneurs compte cent-quarante techniciens sans emploi. Pour la plupart, des anciens professionnels pas assez renommés pour voir s’ouvrir toutes les portes à la simple évocation de leur nom. «Ils ont souvent un réseau de proximité mais n’ont pas pensé à s’en créer un plus large, poursuit Didier Christophe. Une fois que leur carrière s’arrête, il peut s’avérer insuffisant.» «Ça va faire un an que je suis sans emploi. Maintenant, on ne m’appelle que pour me demander des services ou des renseignements sur des joueurs, décrit Laurent Ciechelski, ancien joueur du Havre et d’Auxerre. On sait que pour partir à l’étranger, il faut avoir un réseau et des contacts pour se faire recommander.»
«A moyen terme, la Chine et l’Amérique du Nord peuvent devenir des destinations importantes»
Si les entraîneurs français exportent leurs compétences depuis plusieurs décennies, la diversification des pays choisis interpelle. L’Afrique et le Golfe persique, longtemps destinations favorisées pour l’exil, n’ont plus l’exclusivité des départs. L’Asie du Sud-Est et l’Amérique du Nord constituent des possibilités de plus en plus tentantes pour les techniciens au chômage. «A moyen terme, ça peut devenir des destinations importantes», explique Didier Christophe. «On ne leur parle pas de l’Europe ou d’Amérique du Sud, où il y a déjà un vivier d’entraîneurs assez important, décrit Jean-Pierre Doly. On essaie de démystifier certaines destinations.» Le prix pour retrouver du travail.


















