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Qui êtes-vous vraiment, les Gay Games?

Qui êtes-vous vraiment, les Gay Games?

SPORTS – Paris organisera la compétition en 2018…
Romain Scotto

Romain Scotto

A quelques années près, Paris aura donc bien ses Jeux. Pas tout à fait ceux que Bertrand Delanoë espérait, certes, mais cette fois, le clan français n’a pas eu besoin de remettre au frigo des bouteilles de champagnes ouvertes un peu trop tôt. En 2018, Paris organisera les «Gay Games», un événement difficilement comparable avec les JO pour au moins quatre raisons.

Le plus grand rassemblement sportif au monde. Le titre n’est pas homologué par le Guiness Book des records, mais avec 15.000 participants attendus à Paris en 2018, les organisateurs espèrent bien rameuter un nombre conséquent d’athlètes. A titre indicatif, il y avait 10.490 athlètes aux derniers Jeux de Londres. Mais la comparaison entre les deux événements ne tient pas longtemps. La participation aux Gay Games ne dépend pas de minima. Pour prendre part aux épreuves, il suffit juste de remplir un formulaire sur Internet et payer ses droits d’inscription.

Des sports non-olympiques au programme. La liste des sports dépasse largement celle du CIO puisqu’elle inclut notamment le culturisme, le bowling, le squash, le roller derby, la danse ou le football flag, une sorte de football américain sans plaquage. Chris Fanuel, coprésidente de la candidature française, assume clairement l’orientation anglo-saxonne du programme puisqu’il «fallait attirer les Américains dans la mesure où ils sont très nombreux à y participer.» Concernant les infrastructures, tout est déjà en place. Les sites de Jean-Bouin, Bercy, Roland-Garros ou Charlety ont été choisis. Un village associatif sera aussi monté, sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Le tout pour un budget annoncé de 5 millions d'euros. Contre 11 milliards d'euros pour les JO de Londres.

Aussi ouvert aux hétéros. Le nom est un peu trompeur puisque la sexualité n’est pas un critère de participation aux compétitions. «Paris 2018 est composé d’associations LGBT (Lesbiennes-gays-bi-trans), mais est ouvert à tous. Quand on me parle de communautarisme, j’ai les poils qui se hérissent», indique Chris Fanuel. Pour Christian Bordeleau, présent aux Gay Games d’Amsterdam en natation, «il n’est pas écrit sur le slip des gens s’ils sont gays ou hétéros.» Le nageur, désormais spécialisé dans la natation synchronisée, précise la volonté originelle du créateur, Tom Waddell: «Il s’agissait de dire, à la face du monde que nous (les homos) sommes comme tous les autres. Des êtres humains. Donc nous sommes capables de pratiquer le sport à bon niveau. C’est une reconnaissance des gays faisant du sport.»

Un esprit festif et associatif avant tout. Inutile de guetter un éventuel record du monde lors de cette compétition. Aux Gay Games, le sport passe presque au second plan. «On fait nos épreuves à fond. Mais on y va aussi pour faire la fête. C’est une fête du sport. Il y a une notion de soutien des uns envers les autres qui est plus importante que la performance elle-même», poursuit Bordeleau qui garde un souvenir marquant des lieux festifs à Montréal. Mais il arrive parfois que des athlètes reconnus participent aux épreuves. Matthew Mitcham, champion olympique de plongeon à Pékin, avait pris part aux épreuves à Cologne en 2010, après son coming out.