Tour de France 2013: Christopher Froome «ne pensait pas pouvoir gagner l'étape» au Mont Ventoux

Romain Baheux

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Christopher Froome dans le Mont Ventoux, le 14 juillet 2013
Christopher Froome dans le Mont Ventoux, le 14 juillet 2013 — Laurent Rebours/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Vaison-la-Romaine (Vaucluse),

Une fois de plus, il a semblé bien seul dans la dernière ascension. Vainqueur au sommet du Mont Ventoux dimanche, le maillot jaune Christopher Froome se satisfait d’avoir encore creusé l’écart sur ses rivaux. Avec le deuxième Bauke Mollema à plus de quatre minutes au général, le leader de la Sky se rapproche de plus en plus d’un premier sacre à Paris.
 
Aviez-vous planifié de lancer votre première attaque à sept kilomètres de l’arrivée?
Nairo Quintana a attaqué relativement tôt et il a vite creusé un écart. Il ne fallait pas lui laisser prendre trop de temps car il grimpe bien. Mes équipiers ont donc commencé à mettre un tempo en tête du peloton. Quand Richie (Porte) a fini son relais, je ne me suis retrouvé qu’avec Alberto Contador dans ma roue. Je me suis dit que c’était le bon moment pour aller chercher Quintana et c’est là où j’ai décidé d’attaquer.
 
Ensuite, vous avez lâché Quintana…
Je pensais que la victoire d’étape serait pour lui, je ne pensais pas y arriver. Mon objectif était de rouler pour prendre le plus de temps possible à mes adversaires. On a un peu discuté et j’ai essayé de le motiver pour continuer à rouler. Je l’ai d’abord attaqué deux fois mais il a très facilement suivi. Ensuite, il a faibli à environ deux kilomètres de l’arrivée et j’ai continué mon effort vers la victoire.
 
Qu’est-ce que ce succès représente pour vous?
C’est énormément d’émotion. Je pense que c’est la plus belle victoire de ma carrière.
 
Aviez-vous déjà eu besoin de mettre un masque à oxygène après une ascension?
Je ne pense pas que ça me soit déjà arrivé. C’est quelque chose de relativement normal car j’étais à fond dans toute la montée. Après avoir passé la ligne d’arrivée, j’avais du mal à respirer mais j’ai rapidement retrouvé mes moyens.
 
Votre capacité d’accélération dans la montée a encore surpris…
C’est quelque chose que je fais au feeling, à la sensation. Je me dis que si je souffre à ce moment-là, les autres vont encore plus souffrir que moi. Psychologiquement, je sais que ça fait mal aux autres. Je ne calcule pas, j’attaque en fonction des sensations du moment.