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Mondial U20: Diego Rolan, le Bordelais «timide», «pas très rapide et pas très grand»

Mondial U20: Diego Rolan, le Bordelais «timide», «pas très rapide et pas très grand»

FOOTBALL – Le Bordelais, qui jouera en finale contre les Bleuets samedi soir, a vécu six premiers mois difficiles en France où il n’a toujours pas inscrit le moindre but…
A Bordeaux, Marc Nouaux

A Bordeaux, Marc Nouaux

Au moment de vous assoir devant votre télévision, samedi soir à 20 h pour la finale du Mondial des U20, il est possible que vous soyez un peu perplexe. Mais qui compose cette équipe de l’Uruguay? A priori, seuls les adeptes de Football Manager devraient reconnaître quelques joueurs, comme Nicolas Lopez, l’avant-centre de l’AS Rome. Il y aura tout de même un nom un petit peu connu en France. Celui du Bordelais, Diego Rolan.

L’attaquant, qui évolue surtout sur le côté droit avec sa sélection, est arrivé en Gironde en janvier dernier mais n’a toujours pas marqué le moindre but avec son club. Ni avec sa sélection lors de ce mondial d’ailleurs. La faute à «un manque de confiance» d’après ce qu’en disent Alain Bénédet, l’adjoint de Francis Gillot en charge des attaquants et Carlos Henrique, le Brésilien qui a pris sous son aile l’Uruguayen lorsqu’il a signé à Bordeaux.

«Comme en France les défenseurs sont costauds, il a du mal à supporter»

Jouer une finale de Coupe du Monde de sa catégorie contre la France, «ça ne peut que lui faire du bien, juge Alain Bénédet. Même s il n’est pas titulaire et qu’il entre beaucoup sur les matchs, ça ne peut que l’encourager». Des encouragements, le garçon en a besoin. Débarqué en 19 ans dans le froid français, sans famille ni petite amie, dans un effectif où seuls trois joueurs parlent un peu l’espagnol, Rolan en a vraiment bavé. Surtout qu’il s’est blessé trois fois à la cheville pendant cette période.

«C’est très difficile surtout pour les attaquants comme lui, défend le rugueux défenseur, Carlos Henrique. Il n’est pas très costaud ni très grand. Il aime prendre la profondeur mais en France, comme les défenseurs sont très costauds, il a eu un peu de mal à supporter ça. C’est dommage car pendant les entraînements, il a fait des supers choses malgré son jeune âge. Comme il est timide, c’est plutôt moi qui vais vers lui et comme je suis défenseur, je lui explique comment faire ses appels et ce qu’il ne doit surtout pas faire.»

A Bordeaux, on le compare déjà au Colombien, Edixon Perea

Seulement, à Bordeaux, les supporteurs, perplexes au départ, ne semblent déjà plus vraiment croire en celui que l’on compare à Edixon Perea (Colombien passé par Bordeaux entre 2005 et 2007). «Moi j’y crois, rétorque Bénédet. Etre arrivé au mois de janvier dans la situation où on était, ce n’était pas évident pour un jeune de 20 ans, dépaysé par la langue. Il va revenir avec plus de sérénité et je pense qu’il se mettra davantage dedans. Dans les déplacements, c’est très bien. Dans la finition, il est très adroit. Maintenant, il va falloir savoir l’utiliser au bon moment. Il a un profil de joueur malin qui sait se faire oublier. Vu l’âge qu’il a je le trouve très malin dans ses déplacements. Et il pose des questions et reste très à l’écoute.»

Après six premiers mois loupés, Diego Rolan semble vouloir mettre toutes les chances de son côté. Ses parents devraient venir habiter avec lui à Bordeaux lorsqu’il rentrera après le mondial. Samedi face aux Bleuets, il a l’occasion de montrer au public français qu’il sait marquer des buts. Et rappeler aux dirigeants bordelais qu’ils ont eu raison de le recruter.