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Mondial moins de 20 ans: Jordan Veretout, un Bleuet encore un peu vert

Mondial moins de 20 ans: Jordan Veretout, un Bleuet encore un peu vert

FOOTBALLLe milieu de terrain des U20 de l’équipe de France, qui joue les demi-finales de la Coupe du Monde, mercredi soir, contre le Ghana, doit forcer sa nature discrète pour franchir encore un cap…
A Nantes, David Phelippeau

A Nantes, David Phelippeau

De l’équipe de France U20 qui joue la demi-finale de la Coupe du monde, mercredi soir, c’est sans doute le joueur dont on parle le moins. Le milieu de terrain du FC Nantes Jordan Veretout (20 ans) n’aime de toute façon pas être sur le devant de la scène. Il abhorre même. Question de personnalité. «Il est toujours dans l’ombre, explique son père Lionel. Il ne veut jamais être mis en avant. Il préfère mettre en valeur les autres sur le terrain.» Logique donc que du sang nantais coule dans ses veines depuis l’âge de 9 ans, moment de sa vie qui coïncide avec son entrée à l’école de foot jaune et verte.

Repéré alors qu’il avait pris une raclée…

En attendant, le gamin a été repéré de manière peu banale. Alors qu’il évolue en benjamins sous le maillot de Belligné, un petit club de l’est de la Loire-Atlantique, Veretout affronte le grand FC Nantes. Le match tourne au cauchemar. «On avait perdu 12-1», se souvient encore son père. L’arbitre de la rencontre, qui est aussi dirigeant à la maison jaune, est toutefois séduit par ce Veretout. «Tu es 1ère ou 2e année ?», lui demande-t-il à la fin du match. Le gamin lui répond «2e année»... Rongé par le doute, le dirigeant nantais insiste quelques minutes plus tard: «1ère année ou 2e année de benjamin ?» Le jeune lui réplique sans hésiter: «Non, je suis poussin, Monsieur!» Malgré un physique frêle, Veretout est en fait surclassé. Il le sera presque tout au long de sa jeune carrière.

Un physique à la Xavi

«Dès l’âge de 17 ans, on se disait que s’il n’avait pas une grave blessure ou de problèmes extra sportifs, il réussirait, estime Samuel Fenillat, le directeur du centre de formation. Il n’est pas énorme au niveau du gabarit (1,76 m) mais il compense par une grosse activité. Il est toujours en mouvement. Il va vite dans les petits espaces. » Fabrice Picot, son agent depuis trois ans, l’exhorte à s’inspirer de Xavi par exemple. Un joueur dénué d’un physique de déménageur mais qui compense avec l’intelligence de jeu et de déplacement.

Son entourage le met en alerte sur son hygiène de vie

Pour copier le maître, Veretout ne peut pas faire l’économie de prendre davantage confiance en lui. «Il doit être capable de prendre plus le jeu à son compte, avoue Picot. Il doit s’affirmer. C’est dur pour lui car ce n’est pas dans sa personnalité.» Son père Lionel est en phase avec l’agent de son fils: «Il manque de charisme, de caractère, de maturité. Et il n’ose pas dire non. Il est trop influençable…»

A 20 ans, la tentation légitime de profiter de la vie est forte. Trop pour Jordan Veretout. «Tout le monde le met en alerte sur ça, explique Fenillat. S’il veut durer, il doit respecter son corps donc avoir une bonne hygiène de vie. Mais c’est un garçon du vignoble nantais, il a ses racines là-bas». Fin mars, il se blesse gravement au genou lors d’une sortie nocturne. Son papa nous en parle sans même lui avoir rappelé les faits. «Croyez-moi, cette expérience lui a mis du plomb dans la cervelle». «Il a fait deux ou trois conneries comme beaucoup de jeunes, relativise, à juste titre, son agent. Mais c’est foncièrement un bon mec» Et un bon joueur en devenir.