Gold Cup: Quel est l’intérêt de cette compétition ?
FOOTBALL – La Coupe des Nations d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Caraïbes a débuté dimanche soir...Marc NOUAUX
Le Mexique et les Etats-Unis d’un côté, la Martinique, Haïti et Belize de l’autre. La Gold Cup, qui est l’équivalent de l’Euro de la zone Concacaf (Amérique Centrale, Amérique du Nord et Caraïbes) et qui se joue tous les deux ans, c’est un peu le choc des extrêmes. Une compétition où amateurs d’équipes locales et joueurs professionnels s’affrontent ou évoluent ensemble. Dimanche soir a débuté la compétition aux Etats-Unis. La finale est prévue le 28 juillet. La Martinique, petit poucet de l’épreuve, a battu le Canada (1-0) pour son entrée en lice. Les équipes sont réparties en trois poules de quatre, les deux premiers et les meilleurs troisièmes sont qualifiés pour les quarts de finale.
Pas médiatisée en Europe, la Gold Cup voit régulièrement s’imposer, sans surprise, le Mexique ou les Etats-Unis depuis dix ans. Mais parfois, des équipes improbables sont propulsées sur le devant de la scène, à l’image de la Guadeloupe qui avait atteint les demi-finales en 2007 et les quarts en 2009. Cette année, c’est la Martinique, emmenée par Olivier Thomert et Fréderic Piquionne qui essaiera de reproduire le parcours des Gwada Boys de Jocelyn Angloma il y a six ans.
Une médiatisation assez faible
Pour cette édition 2013, les Etats-Unis ont choisi de se passer de leurs stars comme Dempsey, Altidore ou Howard. Le Mexique n’a pas non plus emmené son équipe la plus compétitive puisque Giovani Dos Santos ou Chicharito Hernandez ont été laissés à disposition de leurs clubs. De là à penser que la Gold Cup n’a pas vraiment d’intérêt, il n’y a qu’un pas. D’autant plus que la médiatisation autour de l’évènement est relativement faible. Les télévisions ne se bousculent pas pour diffuser une compétition finalement assez peu relevée (Par exemple, la Martinique aligne 15 amateurs dans son groupe de 23).
Pourquoi, alors, de participer à cette compétition? Une qualification pour la Coupe des Confédérations pour le vainqueur. La possibilité de se confronter au plus haut niveau pour les petites nations. L’ancien international français, Jocelyn Angloma, qui a joué (à 42 ans!) et fait partie du staff de la Guadeloupe en 2007 et 2009, avait évoqué il y a deux ans l’importance pour son île de jouer la Gold Cup. «C'est l'assurance de connaître le haut niveau, ça permet d'acquérir de l'expérience. Le niveau de notre championnat en Guadeloupe est si bas que ça va lui permettre d'élever son jeu. Là, je parle pour les amateurs.»
Une Coupe de France à l'échelle internationale
De manière générale, les joueurs préfèrent faire l’impasse sur la Gold Cup afin de rester à la disposition de leur club (La compétition ne se déroule pas pendant les dates exclusivement internationales). Seuls certains, qui sont assurés de ne pas jouer en Europe, acceptent de venir pour s’éclater et essayer de se montrer un minimum. A l’image du gardien remplaçant de Bordeaux, Kevin Olimpa ou de Frédéric Piquionne (35 ans), présents avec la Martinique. Interrogé par L’Equipe, ce dernier a expliqué son choix. «En décembre dernier, la Martinique allait disputer la Digicel Cup (Coupe caribéenne des nations, qualificative pour la Gold Cup). A l’époque, je ne jouais pas à West ham et le club a accepté de me laisser partir avec la sélection. Tout s’est très bien passé et nous avons obtenu la qualification. J’ai donc voulu continuer la belle histoire.»
Des joueurs en fin de carrière qui sont là pour le plaisir, d’autres en mal de temps de jeu en Europe, certains qui veulent gagner leur place en sélection et des amateurs qui veulent disputer au moins un match de rêve dans leur vie. Il y en aura pour tous les goûts pendant la Gold Cup. Une sorte de Coupe de France à l’échelle internationale en somme.


















