Eddy Etaeta, coach de Tahiti: «Notre objectif, c’est de tenir sans prendre de buts sur une mi-temps»

FOOTBALL Le coach du Petit Poucet de la Coupe des confédérations raconte à «20 Minutes» comment il a préparé le match face à l’Espagne...

Propos recueillis par B.V.

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La sélection tahitienne fête son but contre le Nigéria le 17 juin 2013 en Coupe des confédérations.
La sélection tahitienne fête son but contre le Nigéria le 17 juin 2013 en Coupe des confédérations. — EITAN ABRAMOVICH / AFP

A quelques heures du match le plus important de sa carrière, Eddy Etaeta prend le temps de répondre au téléphone. Il faut dire que le coach de Tahiti, qui affronte dans la soirée l’Espagne dans le cadre de la Coupe des confédérations, sait que l’occasion est unique pour faire la promotion de son équipe, Petit Poucet balayé 6-1 par le Nigeria en ouverture de la compétition. Entre excitation et peur, le sélectionneur du championnat d’Océanie parle possession de balle, cadeau de Noël et valeurs humaines.

Comment sentez-vous vos joueurs à quelques heures d’affronter l’Espagne?
Nous sommes à la fois excités et anxieux. C’est quand même quelque chose de formidable de jouer l’Espagne, un vrai cadeau de Noël, surtout au Maracana. On a aussi un peu peur car quand on connaît la valeur de l’Espagne et sa grande possession de la balle. Mais on prend ça avec beaucoup de bonheur.

Après la difficile défaite face au Nigeria (1-6), comment prépare-t-on ses joueurs à affronter le champion du monde?
J’essaie de mettre des situations dans la vie de groupe qui dépassent le cadre du foot. Les valeurs humaines sont essentielles dans la performance sportive. Par exemple, ce matin, j’ai associé à ma causerie des jeunes enfants des favelas en faisant entendre qu’ils sont dans des situations plus difficiles que nous et que nous avons la chance et le bonheur de jouer dans le plus beau stade du monde face à la meilleure équipe du monde. Si on peut partager, donner à ces jeunes garçons, à nous de le faire. Quand on donne, on reçoit toujours en retour. Ce sont des exemples de situations qui dépassent le cadre du football et donnent du sens aux valeurs sportives et humaines que nous devons avoir.

Quel est l’objectif sur un tel match?
Entre guillemets: limiter la casse. S’aguerrir, tenir sans prendre de buts sur une mi-temps. L’objectif, c’est en quelque sorte de réduire l’écart de la possession de la balle entre eux et nous. Maintenant, marquer un but, on l’a vu contre le Nigeria c’est quand même quelque chose d’historique… Si l’occasion se présente contre l’Espagne, je peux vous dire que ce sera plus qu’une victoire. A nous de faire le nécessaire et de jouer avec nos armes. Ils sont plus forts techniquement, tactiquement et athlétiquement. A nous de faire le nécessaire mentalement, de jouer avec notre cœur.

Si tout le reste de la compétition est aussi compliqué que la première rencontre, n’avez-vous pas peur que votre participation fasse plus de mal que de bien à l’équipe?
Non, on a intégré tout ça. On sait très bien qu’en venant ici, il y a un contraste entre notre football et le football de très haut niveau. Moi je veux tirer des enseignements de cette grosse expérience pour préparer le futur. Mon équipe a une moyenne d’âge de 25 ans et on ne s’est jamais dit qu’on allait gagner un match ici ou remporter la compétition. Notre objectif absolu, c’est de vraiment régner sur l’Océanie sur les dix prochaines années. C’est à ça que va servir cette Coupe des confédérations.