NBA: Ray Allen, l'éternel shooteur au service du Miami Heat

BASKET L'ancien Celtic a permis aux Floridiens d’arracher la prolongation qui offre au Heat un match 7 aux Spurs...

Julien Laloye

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Ray Allen aux côtés de Tony Parker, le 19 juin 2013.
Ray Allen aux côtés de Tony Parker, le 19 juin 2013. — L.Sladky/SIPA

«Ray peut avoir raté 99 shoots de suite, s’il a une occasion, il ne ratera pas le centième. C’est pour cette raison que nous le voulions dans cette équipe.» Pour une fois, LeBron James, monstrueux lors du match 6 de la finale NBA remporté par Miami face à San Antonio (103-100), n’est pas le héros du jour. Il laisse le costume à Ray Allen, auteur du tir de l’égalisation dans les dernières secondes du quatrième quart-temps, en coin et en déséquilibre. «J’espérais être là où je le devais, sans en être sûr. Il y a des fois où la chance joue en votre faveur», explique l’intéressé. Sauf que dans le cas de Ray Allen, la chance n’a pas grand-chose à voir là-dedans. «Il a tellement répété ce geste pendant des heures, dans toutes les positions et partout autour de la raquette. Il savait exactement quoi faire sur le terrain à ce moment-là», analyse Karim Souchu.

Le meilleur shooteur à trois points de la saison écoulée en Pro A a débuté sa carrière aux Etats-Unis au début des années 2000. Déjà, à l’époque, l’éthique de travail de Ray Allen avait fait le tour des facs américaines, comme son rituel de préparation. Lever à 8h, séance de shoots matinale «pour accélérer la circulation du sang», repas immuable avec du riz et des brocolis pour ne pas avoir les jambes lourdes en match» et arrivée à la salle trois heures avant tout le monde pour s’enfiler 200 shoots à blanc. «C’est énorme, reprend Souchu. Moi, après chaque entraînement, je ne m’arrête pas avant d’en rentrer une centaine. Ça me prend un moment.»

Des anecdotes qui ont fait sa légende

Une discipline qui a fait rigoler tout le monde au moment de l’arrivée d’Allen dans le vestiaire des Milwaukee Bucks en début de carrière. Depuis, tout le monde fait pareil et Miami a mis à disposition un troisième bus d’équipe exprès pour que ses tireurs débarquent plus tôt dans la salle les jours de match. Les anecdotes sur le professionnalisme d’Allen sont innombrables. Il y a la fois où il a convaincu LeBron James de rentrer en courant d’un entraînement à Washington un jour de blizzard et de températures sibériennes. Celle où il s’est rendu incognito dans une salle de gym floridienne entre deux matchs de playoffs avec Boston –en 2010- pour s’infuser une séance de vélo d’appartement à pleine puissance.

Le genre de détails qui ont fait de «Jesus» le meilleur shooteur de l’histoire de la NBA derrière l’arc en dix-sept ans de carrière. Sans que cela semble pouvoir s’arrêter un jour, malgré ses 37 ans. «Il a une telle intelligence de jeu, il saura compenser face aux joueurs plus athlétiques», avance Souchu. «Parfois, il s’agit juste d’être sur le terrain et que la défense fasse attention à moi. Même si je ne prends pas de tirs, mon boulot est à moitié fait», résume Allen. Un type de boulot pour lequel il n’y a pas vraiment d’âge.