XV de France: Noa Nakaitaci, premier Fidjien français

RUGBY Le Clermontois a inscrit ses deux premiers essais avec l’équipe de France...

B.V.

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L'ailier Clermontois Noa Nakaitaci face à l'Ulster, en novembre 2011
L'ailier Clermontois Noa Nakaitaci face à l'Ulster, en novembre 2011 — Peter Morrison/AP/SIPA

Du bout des lèvres, Noa Nakaitaci chante la Marseillaise comme le meilleur élève de la classe récite sa poésie, sans accroc. Pour sa première apparition avec le maillot du XV de France, face aux Auckland Blues mardi matin (38-15) –qui ne compte pas comme une vraie sélection-, l’ailier Clermontois d’origine Fidjienne avait révisé un hymne qui lui était complètement inconnu il y a encore six mois, mais aussi le manuel pour inscrire des essais. Deux fois «scoreur», le premier Fidjien-Français, 22 ans, a marqué des points et pourrait éventuellement connaître sa première vraie sélection face à la Nouvelle-Zélande ce week-end.

Et il faut bien dire que c’est une petite révolution dans le rugby français, plus habituée à naturaliser des Néo-Zélandais et des Sud-Africains. Repéré au mondial des -20 ans au Japon, où il était le capitaine des Fidji, Nakaitaci profite de la relation entre Clermont et son club de Nadroga (comme Nalaga et Murimurivalu avant lui) pour rejoindre le centre de formation auvergnat en 2011. «Il est arrivé très jeune au club, raconte Fabrice Ribeyrolles, alors entraîneur des espoirs. Ca lui permet d’acquérir rapidement une culture du club et du travail.»

 

«Ce n’était pas difficile de choisir la France»

Et de s’accommoder rapidement de la vie française, ce qui n’est jamais évident pour les joueurs fidjiens, très attachés à leurs traditions. «Quand il arrive, il vit au centre de formation avec des Français, prend des cours et fait des sorties avec eux, poursuit Ribeyrolles. Il a intégré la culture française, contrairement à certains pros.» L’intéressé confirme, dans les colonnes de l’Equipe: «Ce n’était pas difficile de choisir entre les Fidji et les Bleus, parce que c’est en France que j’ai appris beaucoup de choses et ça a fait de moi un meilleur joueur.»

Autorisé à jouer avec les Bleus après trois ans en France, ce polyvalent centre ou ailier n’a donc «pas hésité». Tant mieux pour la France. Très bon finisseur, sorte de mélange entre la puissance de Nalaga –il mesure 1m90 pour 94kg- et la dextérité de Sivivatu, Nakaitaci sait «faire jouer autour de lui, avant ou après contact», décrit Ribeyrolles. Bref, il pourrait être celui qui amènera un grain de folie au XV de France dans les années qui viennent. Mais d’abord, il lui faudra chanter sa première «vraie» Marseillaise.