Roland-Garros 2013: Rafael Nadal, le roi des TOC

A Roland-Garros, Antoine Maes
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Rafael nadal lors de sa demi-finale de Roland-Garros contre Novak Djokovic, le 7 juin 2013.
Rafael nadal lors de sa demi-finale de Roland-Garros contre Novak Djokovic, le 7 juin 2013. — MIGUEL MEDINA / AFP

Quand David Ferrer discute avec Javier Piles, son coach, de la meilleure façon de déboulonner Rafael Nadal, ont-ils vraiment tout passé en revue? Sur le plan du tennis, le Majorquin semble intouchable. Difficile d’imaginer comment l’empêcher de conquérir un 8e titre à Roland-Garros, record absolu de victoires dans un Grand Chelem. Il y a pourtant quelque chose que personne n’a jamais vraiment creusé: que se passerait-il si on empêchait «Rafa» de dérouler toutes ces petites manies, avant et même pendant les échanges? 

Elles sont connues et reconnues: il place méticuleusement ses bouteilles d’eau devant son banc, ne marche jamais sur les lignes aux changements de côté, a un rituel immuable au service… Cette dernière lui vaut d’ailleurs d’être régulièrement rappelé à l’ordre par l’arbitre, même en demi-finale, contre Novak Djokovic. «J’ai l’habitude… Moi je pense que pour voir un match comme celui contre Novak, on a besoin de temps entre les échanges. Je ne suis pas d’accord avec cette règle, mais c’en est une, donc je la respecte», expliquait-il après sa victoire contre le Serbe. 

«C’est presque un moyen de fixer leur concentration» 

L’Espagnol n’est pas un cas isolé. Un Richard Gasquet, par exemple, exigera systématiquement de rejouer avec la même balle tant qu’il gagne l’échange. «Ils ont tous un peu leur “cake”… C’est presque un moyen de fixer leur concentration, de ne pas penser à autre chose, d’être dans leur routine», explique Patrice Hagelauer, l’ancien entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis

Lui se souvient d’un Fabrice Santoro qui «mettait toujours sa serviette le long de son sac au changement de côté». Généralement, il n’y a personne pour venir vous casser les pieds sur ce terrain-là. «Quand on voit  “Djoko” qui fait rebondir sa balle 25 fois, comme un Lendl à l’époque, personne ne leur dit rien. On les laisse faire. Et quand on la casse cette routine, ça les agace», assure Hagelauer.  Des malades mentaux, les joueurs de tennis? «C’est dans tous les sports qu’on voit ça. Mais au tennis, la caméra est fixée sur le joueur, donc ça se voit», explique-t-il. Et tant pis pour les gros plans de Nadal se grattant les fesses.