Roland-Garros 2013: Mais qu’est-ce qui fait courir David Ferrer?

A Roland-Garros, Antoine Maes
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L'Espagnol David Ferrer, le 4 juin 2013 lors de son quart de finale de Roland-Garros, contre Tommy Robredo.
L'Espagnol David Ferrer, le 4 juin 2013 lors de son quart de finale de Roland-Garros, contre Tommy Robredo. — MIGUEL MEDINA / AFP

Maxime Hamou aura 18 ans samedi, c’est un espoir du tennis français qui grandit doucement à l’Insep. Jeudi matin, il a reçu un coup de fil: «Veux-tu jouer avec David Ferrer à 12h?». Le voilà parti pour être le sparring-partner de l’Espagnol, à 24h de sa demi-finale à Roland-Garros contre Jo-Wilfried Tsonga. «C’est très, très dur. J’ai joué une heure avec lui, on s’est arrêté deux minutes. Au niveau de l’intensité, c’est juste monstrueux. Moi j’en ai profité au maximum». 

Pas sûr que Tsonga en profite autant. Parce que l’Espagnol traîne une réputation justifiée: celle d’être le joueur avec la plus grosse caisse physique du circuit. Constamment au pressing, le Valencian n’aurait aucun coup létal, juste une qualité enquiquinante, celle de vous mettre la pression à force de tout renvoyer. «C’est un taureau, même au changement de côté, il vous agresse», rigolait cette semaine Arnaud Di Pasquale, le DTN tricolore. 

Son coach l’enferme dans un placard, son père l’envoie sur les chantiers 

Quand on ne fait qu’1m75 (pour 73kg), dans un monde où la norme est située 10 centimètres plus haut, c’est déjà une forme d’exploit. Surtout si la légende s’avère vraie: David Ferrer fumerait un demi-paquet de cigarettes par jour. Increvable et espagnol, forcément, il n’a pas pu éviter la question du dopage. D’autant qu’on lui a prêté une relation avec le docteur Del Moral, lui-même ancien proche de Lance Arsmtrong. «Je n'ai aucune relation avec cette personne. Je ne l'ai jamais  rencontré. Je ne sais même pas qui c'est. Je sais qu'il travaille à Valence avec quelques joueurs», expliquait-il en octobre dernier. 

Alors quoi? «J'essaie toujours de faire de mon mieux, de trouver le meilleur en moi-même», avance David Ferrer. Pour cela, il peut compter sur les séances de torture de son coach, Javier Piles. Exemple: à 17 ans, Ferrer veut arrêter le tennis? Son coach l’enferme dans un cagibi exigu, sans lumière, pendant plusieurs heures. Sans oublier son père qui l’envoie bosser sur des chantiers pour aller gagner son pain. Depuis, il a ramassé plus de 18 millions de dollars de prize-money. De quoi voir venir niveau clopes.