Roland-Garros 2013: Tommy Haas, la qualité allemande vieillit bien

Romain Baheux

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Paris le 28 mai 2013. Roland Garros. Internationaux de France de tennis a Paris. Tommy Haas.
Paris le 28 mai 2013. Roland Garros. Internationaux de France de tennis a Paris. Tommy Haas. — A. Gelebart / 20 Minutes

Il a fini sur les genoux, meurtri par cinq sets de combat, et a fini par craquer sur la treizième balle de match de son adversaire. Samedi sur le court numéro 1, c’est bien le vétéran Tommy Haas, trente-cinq années dans le rétroviseur, qui a mis au supplice John Isner, vingt-huit ans depuis peu. Ce lundi, l’Allemand défie Mikhail Youzhny pour une place en quart de finale à Roland-Garros. «Après tout ce qu’il a dû surmonter comme blessures, c’est impressionnant», saluait l’Américain essoufflé en conférence presse.

Une carrière rythmée par les blessures
 
La carrière de Tommy Haas, un temps numéro  2 mondial en 2002, pourrait en effet donner des idées aux scénaristes de Docteur House. En 2003, l’Allemand dégringole au classement ATP après une opération à l’épaule avant de revenir dans le Top 20 mondial. En 2010, c’est la hanche qui grince et qui le sort une nouvelle fois du classement ATP. L’Allemand songe un temps à arrêter avant de commencer sa remontée qui lui vaudra, comme en 2004, le prix du come-back de l’année en 2012. «Après cette période très difficile, je suis surpris de le voir revenir à ce niveau, raconte l’ancien tennisman Cédric Pioline. Moi à 32 ans, j’étais sorti du Top 100 et je n’ai pas eu le courage de repasser une saison rien que pour revenir à un bon classement et j’ai préféré arrêter. Lui, il a persévéré et son retour est impressionnant.»
 
Passé par les qualifications à Roland-Garros, Haas avait poussé jusqu’au troisième tour il y a un an. Tête de série cette année, le quatorzième joueur mondial surprend ses adversaires par son endurance sur le court. «A 35 ans, c’est peut-être plus difficile physiquement qu’au début de sa carrière mais il se connaît mieux, appuie Fabrice Santoro, toujours sur le circuit professionnel à cet âge. Il se déplace mieux sur le terrain pour économiser ses efforts.»
 
«Il sent le tennis»
 
«Il sait encore mieux se gérer, poursuit Sébastien Grosjean. Son jeu n’a pas trop changé je trouve. C’est quelqu’un qui sent le tennis.» Au Masters de Miami en mars, les coups de patte de l’Allemand l’ont poussé jusqu’en demi-finale après avoir éliminé le numéro 1 mondial Novak Djokovic. Un succès contre Youzhny pourrait lui faire retrouver le Serbe en quart de finale, un niveau qu’il n’a plus atteint en Grand Chelem depuis quatre ans. Mais en matière de retour, Tommy Haas s’y connaît.