Le rugbyman de l'équipe d'Argentine, Felipe Contepomi, lors d'un match de Coupe du monde à Wellington en Nouvelle-Zélande le 25 septembre 2011.
Le rugbyman de l'équipe d'Argentine, Felipe Contepomi, lors d'un match de Coupe du monde à Wellington en Nouvelle-Zélande le 25 septembre 2011. — N.Pisarenko/AP

SPORTS

Dopage: Les propositions chocs pour améliorer la traque des tricheurs

Une commission d'enquête au Sénat vise à accroître l'efficacité de la lutte contre le dopage...

Depuis lundi, sportifs, dirigeants, médecins ou professeurs se succèdent au Sénat devant les membres de la commission d’enquête sur l'efficacité de la lutte contre le dopage. Une initiative qui vise à collecter un maximum de propositions, avant le début d’une réflexion sur la prochaine loi cadre antidopage, prévue avant la fin de l’année. Voici les principales idées émises jusque-là.

Pénaliser les infractions. La question divise la communauté sportive, mais pour certains dirigeants il n’y a qu’en s’attaquant au portefeuille que les sportifs réfléchiront vraiment avant de passer à l’acte. Juridiquement l’introduction d’amendes revient à pénaliser les faits de dopage ce qui ouvre également la porte à l’option «prison». Sans aller si loin, l’ancien cycliste Christophe Bassons demande la fin de l’amnistie. Un sportif sanctionné doit avoir «honte de sa faute», plutôt que de «revenir avec le sourire.»

Lever le secret médical. Pour Bernard Amsalem, le président de la fédération d’athlétisme, trop de tricheurs se cachent derrière ce bouclier éthique. «Chez les sportifs de haut niveau, le secret médical revient à protéger l’athlète. Savoir qu’il se dope et ne pas le dire. Dans certaines situations ça peut être très dangereux et certains médecins peuvent protéger les athlètes.» L’idée est osée mais a peu de chance d’aboutir puisqu’elle entre en totale contradiction avec l’article 4 du code de la santé public, appliqué par l’Ordre des médecins.

Uniformiser les sanctions entre les sports. Trois no-shows en football ou en tennis sont-ils aussi lourdement sanctionnés qu’en cyclisme et en athlétisme? A priori non, selon Ghani Yalouz, DTN de l’athlétisme. «Je ne suis pas là pour dénoncer ce qu’il se passe ailleurs, mais en athlé, on sanctionne plus lourdement puisqu’on applique vraiment les règles», râle l’ancien lutteur. Pour éviter ces traitements à la carte, il préconise la création d’une juridiction spécialisée et indépendante. Actuellement, les fédérations traitent leurs cas en interne pour sanctionner leurs athlètes. D’où un manque d’équité entre les disciplines.

Renforcer la prévention. En treize années de haut niveau, Felipe Contepomi n’a pas souvenir d’avoir discuté de dopage avec des éducateurs, ou entraîneurs. Le rugbyman argentin du Stade Français, représentant des sportifs auprès de l'AMA, préconise un renforcement de la prévention dans les clubs pour éveiller les jeunes joueurs aux risques des produits. «Dans mon sport, on n’a aucune éducation. Certains prennent des choses parce qu’un partenaire a pris la même chose et se sent fort. Dans les sports collectifs, le mot antidopage ne parle pas. Sauf quand quelqu’un est positif. Dans les sports individuels, les sportifs savent mieux ce qu’ils prennent.» Et visiblement, cela ne les empêche pas de tricher.