Bord-Gress : l'affaire qui embrasa la Meinau

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Champion de France 1979 sous la férule technique du charismatique Gilbert Gress, le Racing enthousiasma l'Alsace et pouvait alors espérer intégrer le top des clubs français. Jusque-là dans l'ombre et à la faveur d'une énième crise, l'ancien ministre de Valéry Giscard d'Estaing, André Bord, devint le numéro un du club, avec pour principale tâche la gestion d'un héritage aussi brillant qu'épineux.

Après une saison ponctuée d'escarmouches destructrices, autour notamment du cas Carlos Bianchi – recrue argentine coûteuse que Gress ne fera guère jouer –, la guerre froide entre les deux hommes prend des allures plus criantes. Entre oppositions sur la question des transferts et conflits d'intérêt entre budget et sportif, le torchon brûle à l'aube de la saison 1980-1981. A la veille d'une défaite face à Nantes, Gilbert Gress est licencié le 23 septembre. Quelques casseurs font le coup-de-poing avec les CRS après le match. Le Racing se déchire. La Meinau est incendiée. Bord et Gress ne s'adresseront plus la parole pendant vingt-cinq ans. « Les regrets concernent notre amitié qui n'aurait jamais dû disparaître, évoque « Schilles », désormais réconcilié avec son président de l'époque. Le problème du Racing, c'est d'ailleurs de n'avoir jamais eu bien longtemps un couple entraîneur-président solide. » 

Fr. N.