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Rugby/Jacky Lorenzetti: «Gonzalo Quesada me fait souffrir»

Rugby/Jacky Lorenzetti: «Gonzalo Quesada me fait souffrir»

RUGBY – Le président du Racing Métro évoque le possible départ de son manager au Stade Français…
Propos recueillis par Romain Baheux

Propos recueillis par Romain Baheux

Jacky Lorenzetti reçoit dans son bureau avec le sourire d’un homme satisfait. Avec neuf victoires de rang, le Racing Métro pointe à la cinquième place du Top 14 après une période compliquée à l’automne. Avant d’accueillir le Stade Toulousain au Stade de France samedi soir, le président du Racing est revenu pour 20 Minutes sur l’actualité du club francilien et a évoqué le probable départ de Gonzalo Quesada vers le Stade Français la saison prochaine.

Une série de neuf victoires de suite se savoure-t-elle encore plus après la mauvaise passe que vous avez traversée?

Dans la période difficile, on n’est pas tombés dans l’excès d’inquiétude car on est là pour le long terme et qu’on a un effectif de qualité. Je m’imaginais que ça ne durerait pas longtemps. Le plaisir est mesuré à l’aune de ce constat. Par rapport à notre budget, cette cinquième place est dans la norme. C’est bien mais on a d’autres ambitions. La qualification n’est pas acquise mais on se rapproche d’une qualification européenne et d’un possible barrage.

Que retenez-vous de cette période difficile?

Beaucoup de douleur. Après la défaite à domicile contre Mont-de-Marsan en novembre (16-17), ça a été difficile mentalement et physiquement. On a les yeux qui se troublent, les jambes qui tremblent, la tête qui explose… On se pose des questions quand on perd contre le dernier. Tout est décuplé et ça fait mal.

L’annonce du changement d’entraîneur a-t-il perturbé l’effectif?

Je ne veux pas minimiser l’impact qu’a eu le contexte (l’arrivée de Laurent Travers et Laurent Labit comme entraîneurs la saison prochaine) mais je ne veux pas le croire. J’ai été franc avec Pierre Berbizier, Gonzalo Quesada et son staff. J’avais expliqué à Gonzalo qu’il n’entraînerait plus le Racing la saison prochaine mais qu’il pourrait rester s’il le voulait. Il y a un peut-être eu un peu de ça mais il y a aussi eu le déménagement. On s‘est installés dans un centre d’entraînement confortable (au Plessis-Robinson en octobre), on a cru que l’habit faisait le moine.

Gonzalo Quesada a réussi à redresser l’équipe dans ce contexte difficile…

Il a peut-être fallu un peu de temps pour qu’il prenne la mesure du défi. Aujourd’hui, c’est devenu un véritable entraîneur. Au début de l’année, je ne sais pas s’il l’était même si j’avais fait le pari qu’il le deviendrait. Gonzalo a très vite appris et s’est bien entouré avec Patricio Noriega et Simon Raiwalui.

Mais il pourrait rejoindre le Stade Français…

J’ai donné ma parole à Gonzalo et à son staff qu’ils pourraient partir s’ils le voulaient mais je n’avais pas intégré le fait qu’ils puissent aller au Stade Français, ça me paraissait gros. Il me fait souffrir. On a des valeurs, je respecterai ma parole même si Gonzalo n’a pas encore pris sa décision définitive. Il peut encore rester, sa réflexion chemine mais ça va aboutir rapidement. Je suis content qu’il trouve un engagement mais ça me défrise un peu. Ça va remettre du piment dans les affrontements avec le Stade Français.

S’il était resté, quelle place aurait-il occupé?

Il s’était mis d’accord avec le futur staff pour un rôle loin d’être subalterne. Ils auraient constitué une triplette et auraient trouvé un moyen de travailler ensemble.

Quel sera le rôle de Pierre Berbizier (directeur général du club) la saison prochaine?

On en discute, rien n’est finalisé.

Quel sera le visage du Racing la saison prochaine?

Six joueurs historiques vont prendre leur retraite: Bobo, Tuugahala, Leo’o, Dellape, Lo Cicero, Galindo... Ils ont tout donné au club et ont leur dit un grand merci. Il y aura aussi des non-renouvellements. Les futurs coachs ont formé une équipe qui correspond à leur type de jeu. Il y a eu une période de reconstruction qui a été exceptionnelle même si on n’a pas décroché de titres. On a su rivaliser avec les meilleurs sous l’ère Berbizier, il faut maintenant concrétiser l’ambition.

Quelle échéance fixez-vous à votre équipe pour le titre de champion?

On a envie d’être champion. Ça serait présomptueux de dire que ça serait dans un ou dans deux ans. Je ne veux pas mettre la pression à ceux qui arrivent mais il va falloir le faire.