Vendée Globe: Alessandro Di Benedetto et Tanguy de Lamotte «n'avaient aucune chance de gagner»

Propos recueillis par Romain Baheux

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Les navigateurs Tanguy De Lamotte et Alessandro Di Benedetto, le 27 février 2013.
Les navigateurs Tanguy De Lamotte et Alessandro Di Benedetto, le 27 février 2013. — C. GONTHIER / 20 MINUTES

Sourire aux lèvres, ils racontent leurs derniers jours en mer et le retour sur terre. Arrivés avant-dernier et dernier du Vendée Globe 2012-2013, Tanguy de Lamotte et Alessandro Di Benedetto, arrivé vendredi aux Sables-d’Olonne, étaient dans les locaux de 20 Minutes ce mercredi pour revenir sur leur aventure. Avec les deux bateaux les plus anciens de la flotte des concurrents, les deux hommes savaient dès le départ qu’ils ne se battaient pas à armes égales avec les leaders. Avant de partir en vacances, ils ont évoqué leurs derniers jours en mer.

Une course perdue dès le départ

Tanguy de Lamotte: «C’est une approche différente de la course. Au départ, on savait que l’on n’avait aucune chance de gagner mais beaucoup plus de chances que les autres de finir. Ce contrat m’allait bien, je suis parti pour me faire plaisir, sans aucune pression du résultat. J’avais un bateau assez vieux et assez peu d’expérience. Je voulais faire le tour du monde entre 95 et 100 jours, j’ai accompli cet objectif.»

Alessandro Di Benedetto: «Je venais déjà pour finir et ensuite tenter de réaliser la meilleure performance possible. Je suis arrivé dernier mais onzième sur vingt dans une édition qui a vu le plus faible écart entre le premier et le dernier dans l’histoire du Vendée Globe. J’avais pensé faire le tour du monde en 140 jours, je l’ai fait en 104, c’est le record de ce bateau.»

Une édition très suivie

Tanguy de Lamotte: «Internet permet de faire partager la course au plus grand nombre à terre. C’était le premier Vendée Globe avec Facebook. On a eu beaucoup de demandes de vidéos et plus de sollicitations médiatiques. On m’a dit que le nuage médiatique de ce Vendée avait été supérieur à celui du Tour de France cycliste. C’est super pour la course.»

Alessandro Di Benedetto: «Je suis d’accord avec Tanguy. Grâce à ces vidéos et Internet, on a su faire découvrir cette course aux gens. On a bien pu communiquer pour partager l’événement et se faire connaître.»

Un lien particulier entre les deux hommes

Tanguy de Lamotte: «Il y avait un échange sincère mais succinct entre nous. Quand je suis arrivé aux Sables-d’Olonne, je lui ai envoyé un petit mail pour lui dire qu’on l’attendait et qu’il devait profiter de ces jours en mer. Je suis venu l’accueillir, on a partagé un super moment ensemble en faisant une fête à son arrivée.»

Alessandro Di Benedetto: «On s’envoyait des messages dans les moments difficiles, des “Forza” quand ça devenait difficile. On a vécu des galères semblables; des voies d’eau, devoir monter au mât… J’étais plus isolé que lui car j’étais en dernière position, je me sentais un peu plus seul. Quand tout le monde est arrivé, tu te sens seul mais tu reçois des messages sympas. Ça fait plaisir.»

Le Vendée Globe 2016

Tanguy de Lamotte: «Je vais réfléchir à tout ça en vacances. C’était mon premier Vendée Globe et j’ai été piqué par le virus. J’ai besoin de souffler mais j’aimerais bien repartir dans quatre ans. J’attends de voir dans quelles conditions, je ne veux pas prendre trop de risques pour gâcher mes bons souvenirs.»

Alessandro Di Benedetto: «J’espère repartir dans quatre ans avec un bateau de dernière génération pour faire la meilleure performance possible et viser une bonne place.»