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JO 2020: La lutte ne veut pas mourir

JO 2020: La lutte ne veut pas mourir

JEUX OLYMPIQUES – La Fédération française de lutte a organisé un happening ce lundi pour protester contre la possible suppression de ce sport ancestral du programme olympique en 2020…
Bertrand Volpilhac

Bertrand Volpilhac

Au fond, c’est une question de survie. Evidemment, il y a peu de chances que le CIO entende la mobilisation de la Fédération française de lutte pour sauver son sport, possiblement évincé du programme olympique en 2020, mais peu importe, «on fait ce qu’on peut à notre échelle», souffle le médaillé d’or à Pékin, Steeve Guénot. Ce qu’on peut, c’est un happening, organisé lundi soir au club de Bagnolet et mettant en scène les principaux lutteurs français en train de relever tous ceux qui soutiennent la lutte, au sol, avant de se tourner vers les célèbres anneaux et de lancer collégialement: «La lutte toujours olympique».

«Entre les mains d’Obama»

Le message est limpide. «On a perdu la première manche, mais il y en a plusieurs en lutte et on va se relever pour être aux jeux», explique Dominique Latterrade, directeur technique national. Et tant pis si ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan du CIO, «la Fédération française doit se battre, comme toutes les autres». Car la bataille pour sauver ce sport ancestral est mondiale.

Certains évoquent les pressions de la Turquie et du Japon, candidats à l’organisation des JO 2020, et farouchement opposés à l’absence de la lutte de leur programme. Christophe Guénot, lui aussi médaillé à Pékin, explique même qu’aux Etats-Unis, où la lutte est un sport universitaire important, le dossier est «entre les mains de Barack Obama». «Si ça avait été le judo, peut-être qu’on aurait entendu François Hollande…», ajoute-t-il, alors que la décision sur le 26e sport choisi pour 2020 doit être prise en mai prochain.

«Une petite mort»

Avec 20.000 licenciés, la Fédération française de lutte n’est pas une grande puissance dans le milieu olympique tricolore. Et sa possible absence en 2020 rendrait les choses encore plus compliquées. «Ce serait une petite mort, souffle le directeur technique national. On vit au rythme des jeux, c’est notre carburant, c’est le rêve de nos jeunes.» Sans parler des subventions ministérielles qui disparaîtraient...

«C’est pour ceux qui seront aux Jeux en 2020 qu’on se bat aujourd’hui, enchaîne Steeve Guenot. Aujourd’hui, ils sont démoralisés. Ils se disent tous "on va se mettre au rugby à 7". S’ils font de la lutte, c’est parce qu’ils ont envie de vivre l’expérience olympique.» Plus de JO, plus de stars. Plus de stars, plus de nouveaux licenciés. «La lutte, c’est ce qui m’a sorti du quartier et m’a permis d’avoir une vie correcte, conclut Ahmed Boulaabi, prof au club de Bagnolet. Sans les Jeux, ça motivera moins les gamins à sortir des quartiers.» Alors pour tout ça, la lutte va continuer le combat.