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Matchs truqués: Le football français est-il à l'abri de la corruption?

Matchs truqués: Le football français est-il à l'abri de la corruption?

FOOTBALL – Alors qu’Europol vient de mettre au jour un immense réseau de matchs truqués...
Antoine Maes et Julien Laloye

Antoine Maes et Julien Laloye

Dans l’enquête de grande ampleur qu’a menée Europol, la France semble à peu près épargnée. L’agence européenne annonce avoir détecté 380 rencontres de football arrangées à travers tout le continent, ciblant particulièrement la Suisse, l’Allemagne, ou la Turquie. Mais cela ne veut pas dire que les clubs français sont à l’abri des réseaux mafieux accusés de corruption. «Cela peut parfaitement concerner des compétitions organisées en France», confirme Jean-François Vilotte, le président de l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel).

Depuis 2010 et la légalisation des paris en ligne, son organisation est chargée de la surveillance des mises. Mais son mandat ne porte que sur le territoire national. «Ce serait très surprenant que les réseaux comme celui mis au jour par Europol agissent avec les opérateurs de paris en ligne les plus contrôlés, poursuit Vilotte. La transparence nationale ne doit pas masquer la forêt des risques», accuse le patron de l’Arjel. Lui milite pour la création d’une plateforme internationale de surveillance des paris en ligne: «En attendant, on a une approche qui n’est que partielle et on se rassure à bon compte».

LA FFF et le LFP «vigilants»

D’ici là, le football français doit se débrouiller avec les moyens du bord. Et le scandale qui a touché Montpellier en handball prouve que personne n’est vraiment à l’abri. Cet automne, L’Express a révélé que les salariés de la FFF ont dû signer un document dans lequel ils assurent savoir ne pas avoir le droit de parier sur les matchs organisés par la fédération (Equipes de France A homme et femme, Espoirs, Coupe de France…). «On est l’avant-garde de la lutte contre la corruption en Europe, assure Jean Lapeyre, le directeur juridique de la fédération. Tous les acteurs susceptibles d’avoir des renseignements privilégiés pour influencer un résultat ou qui ont les moyens directs de le faire, ont été prévenus qu’il leur était interdit de parier.»

A la même période, la LFP, responsable de l’organisation de la L1 et de la L2, a elle aussi réaffirmé son engagement. Qui n’est pas allé beaucoup plus loin qu’une lettre ouverte signée par Frédéric Thiriez, ainsi que par les présidents du syndicat des présidents, des entraîneurs, des joueurs et des arbitres. Elle y rappelait que «parier sur les matchs professionnels organisés en France est interdit». Et que «jusqu'à aujourd'hui, le football français a été épargné par la fraude. Raison de plus pour être, tous ensemble, plus vigilants que jamais.» Pas sûr que la seule vigilance soit suffisante dans ce domaine.