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Mercato: Pour Delporte, «l'espoir d'un coup de fil d'un directeur sportif existe toujours»

Mercato: Pour Delporte, «l'espoir d'un coup de fil d'un directeur sportif existe toujours»

LIGUE 1L'ancien Lensois Ludovic Delporte est toujours dans l’attente d’un club à 24 heures de la fin du mercato...
Propos recueillis par Julien Laloye

Propos recueillis par Julien Laloye

Ludovic Delporte le rappelle sans aucune vanité, il peut avancer deux demi-finales européennes en carrière sur son CV. La première avec Lens, et la seconde avec le club basque d’Osasuna, où il aura joué plus de 200 matchs en six ans dans le championnat espagnol. L’ex-international espoirs de 32 ans est pourtant sans club alors que le mercato se termine jeudi. Et ce n’est pas faute d’essayer de démonter les préjugés qui courent sur un joueur chômage. Florilège.

Il n’est pas prêt physiquement. «C’est vrai que je traîne une réputation de joueur fragile. En Espagne, j’ai dû me faire opérer des cuisses pour soigner des blessures musculaires à répétition, puis quand je reviens, c’est le tendon d’Achille qui pète. Les gens sont restés sur ça, même si moi je sais que je suis apte. J’ai parfois dû appeler des directeurs sportifs pour leur dire que je pouvais faire un essai s’ils avaient des doutes. En vue du mercato, je me suis adjoint les services d’un préparateur que je paie à la semaine. Je fais deux séances par jour du lundi au vendredi depuis novembre, c’est plus que la plupart des pros sous contrat.»

Il est trop gourmand sur le plan financier. «Je ne reste pas dans le circuit pour l’argent, mais pour le challenge sportif, c’est important de le dire. L’an passé j’ai accepté de jouer six mois à Angers avec le plus petit salaire du club, l’équivalent d’un premier contrat pour un jeune professionnel. Je touchais en un mois là-bas ce que je devais toucher en deux ou trois jours à Osasuna. Je suis lucide, je sais que je ne retrouverai pas ça, le problème, c’est que comme j’étais pro l’an passé, les clubs de National sont obligés de me faire signer un contrat fédéral avec un salaire de 3.000 euros bruts. C’est la loi, mais beaucoup n’en ont pas les moyens.»

Il refuse toutes les propositions exotiques. «Je n’irai pas n’importe où c’est sûr, mais si demain, un club norvégien ou chypriote m’appelle je ne dis pas non par principe. J’en discute avec ma famille et je décide. La seule condition pour partir à l’étranger, c’est qu’il y ait une école française pour que mes filles ne soient pas trop dépaysées. S’il faut leur apprendre une nouvelle langue, ça attendra l’été qu’elles aient le temps de se mettre au niveau. Récemment, j’ai eu une proposition d’un club de D2 luxembourgeoise, le projet était séduisant, ma femme m’a dit d’accord, à condition que j’y aille seul au début. Alors j’ai dit non…»

Il ne voit pas que c’est le moment de raccrocher. «Ne pas être conservé par Angers m’a mis un coup sur la tête. J’ai pensé à arrêter, mais je me suis dit que je pouvais encore donner quelques coups de main à des clubs de L2 ou de National. La saison dernière, même en rentrant à un quart d’heure de la fin quand ça tournait mal, j’ai réussi à être décisif plusieurs fois. Je sais que le temps ne joue pas pour moi, mais j’ai encore envie de vivre ces sensations que procure le foot. L’espoir d’un appel qu’on ne connaît pas sur le téléphone, et que ce soit un directeur sportif au bout du fil, existe toujours.»