Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Bercy: «Rasheed peut apporter à Tsonga le recul qui lui manquait»

Bercy: «Rasheed peut apporter à Tsonga le recul qui lui manquait»

TENNISL'Australien est-il le coach qui peut faire gagner un Grand Chelem au Français? Eléments de réponse...
Julien Laloye, à Bercy

Julien Laloye, à Bercy

Son bail avec Gaël Monfils ne s’est pas terminé dans l’allégresse générale. Il n’a pas fait d’étincelles non plus, en dehors d’un quart de finale à Roland-Garros il y a deux ans et d’une présence plus ou moins continue dans le top 10. Pourtant, Jo-Wilfried Tsonga croit dur comme fer que Roger Rasheed peut l’aider à accomplir l’objectif de sa vie, à savoir gagner un Grand Chelem dans les deux ans qui viennent. Le Français a-t-il misé sur le bon cheval? Loïc Courteau, l’entraîneur de Julien Benneteau, adversaire de Tsonga mardi à Bercy, demande à voir. Mais il salue l’initiative de Tsonga de se tourner vers un regard extérieur après une année passée à plafonner à bonne distance du «big four» (une seule victoire contre un joueur du top 10 en 2012): «On ne progresse pas en restant tout seul et personne n’est assez bon pour penser qu’il n’a aucun aspect de son jeu ou de son attitude à travailler. Djokovic, par exemple, pourrait être bien meilleur dans son jeu vers l’avant. S’il veut gagner un Grand Chelem, Jo a encore pas mal de choses à améliorer.» 

«Rasheed est rigoureux, mais pas directif»

En vrac, un revers qui fait peur à voir dans les mauvais jours, une attitude pas toujours constructive sur le court et une sélection de coups parfois hasardeuse. Rien de bien méchant, mais «une somme de petits détails à travailler qui font que les matchs serrés que Jo perdait avant, il les gagnera avec Rasheed», pense Jean-François Bachelot, entraîneur de l’espoir bulgare Dimitrov, qui refuse de s’arrêter sur l’image caricaturale que peut renvoyer l’Australien, entre culte du corps, préparation physique poussée jusqu’à épuisement et technique volontairement négligée. «Sur le circuit, on a tendance à juger un peu vite les gens. Si Jo a choisi Rasheed, c’est qu’il a su trouver les mots et le projet pour le convaincre.» «Roger est quelqu’un de rigoureux et de travailleur mais il n’est pas directif, confirme le DTN Patrice Hagelauer, qui a observé son travail avec Gaël Monfils. Il ne reste derrière un joueur que s’il voit qu’il y a une vraie relation de confiance qui s’instaure.» Alors, seulement, il pourra s’attaquer à ces fameux détails qui séparent Tsonga du très très haut niveau.

 «Que Jo lui fasse confiance»

A commencer par lui apporter cette capacité de recul qui manque forcément aux joueurs qui ont choisi d’évoluer en solo pendant un moment: «Jo n’est pas le mieux placé pour débriefer ce qu’il fait de bien ou de mal sur un court, car les émotions du joueur déforment la réalité. Rasheed aura cet œil d’expert qui lui manque», affirme Hagelauer. Placé devant le fait accompli, Tsonga ne pourra qu’acquiescer, à condition qu’il s’abandonne vraiment aux intuitions de son entraîneur, poursuit Bachelot: «Le revers de Jo est friable. Il a envie de faire des choses mais il n’y arrive pas et ça ne lui permet pas de battre Djokovic, Nadal ou Murray régulièrement. Si Rasheed trouve quelque chose, il faudra lui faire confiance.» Et surtout ne pas s’impatienter si la progression n’est pas fulgurante, si l’Australien ne parvient pas immédiatement «à trouver le plan précis pour battre tel ou tel adversaire», prévient Hagelauer, même si le DTN n’exclut pas un effet bénéfique dès janvier. On sera en Australie, un terrain de jeu que Rasheed connaît bien et que Tsonga apprécie pour y avoir signé ses meilleurs résultats en Grand Chelem. En résumé, le décor idéal pour se faire une première idée du bien-fondé de cette association.