Football féminin amateur : un terrain pour bâtir sa carrière
SPORT•Du simple loisir à la professionnalisation… Et si jouer dans un club amateur était une passe décisive pour les femmes qui veulent faire carrière dans le football ?
"Ne laissez pas les autres décider à votre place de ce que sera votre avenir. Comme le ferait une arbitre, vous devez prendre vos propres décisions". Manuela Nicolosi, arbitre internationale et membre du jury du programme SENSATIONNELLES 2025, sait de quoi elle parle. Pour elle, comme pour tant d'autres, le football, qui était avant tout une passion vécue "depuis le bord du terrain, parce que mon père refusait que je joue" est rapidement devenu un projet de vie.
Le stade, un terrain d’apprentissage du leadership
Première femme à arbitrer une finale européenne masculine en 2019, elle a dû s’imposer dans un environnement encore largement dominé par les hommes. "L’arbitrage, pour moi, ça a été une énorme école de vie. J’ai appris à gérer mon stress, à affronter les critiques et à être sûre de moi", raconte-t-elle.
Des compétences acquises sur le terrain, qu’elle applique aujourd’hui bien au-delà. "Ce leadership que j’ai acquis, je l’utilise dans mes autres activités professionnelles", explique celle qui a arbitré les plus grandes compétitions internationales, dont les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde féminine.
Des figures inspirantes pour ouvrir la voie
Mais la route est semée d’embûches. "Quand on commence, il faut savoir que l’on est seul sur le terrain, ce qui signifie qu’il y a beaucoup de pression sur les décisions à prendre", explique Manuela Nicolosi. A ce jour, environ 20 % des arbitres, hommes et femmes confondus, abandonnent leur vocation dans les deux premières années. Les femmes, déjà en minorité, voient leur position d’autant plus fragilisée. C’est justement pour pallier ce type de problématique que la FFF à "mis en place un programme spécifique de soutien et de développement de l'arbitrage féminin".
Un dispositif qui fait ses preuves, puisque la saison dernière signait une augmentation de 14.6% du nombre d’arbitres femmes, faisant grimper les effectifs de 1 151 (en 2021-2022) à 1456 (en 2023-2024). Des chiffres encourageants pour les aspirantes arbitres. "Depuis mon arrivée à la tête de la Direction de l’Arbitrage, nous avons œuvré pour leur offrir des conditions de formation, d’accompagnement et de progression clairement inspirées de celles de leurs homologues masculins", souligne par ailleurs Antony Gautier, le patron des arbitres de football français.
Malgré les nombreuses difficultés, elle n’est pas la seule à avoir usé de sa passion pour le football comme tremplin professionnel. Laure Boulleau, ancienne joueuse et aujourd’hui consultante pour Canal+, en est convaincue. "Quand tu es la seule femme dans un milieu, forcément, on te remarque plus. C’est une chance presque", confie-t-elle. Une visibilité qui, selon elle, a contribué à accélérer sa carrière.
Même constat pour Samia Benyounes, connue sous le nom de Samfootx sur les réseaux. "Ma passion a commencé au stade, petite, avec mon père et mes frères. Mais sur le terrain, il n’y avait pas de place pour moi", raconte-t-elle. Alors la place, elle se l’est faite. "J’ai été la première femme à me lancer sur YouTube pour parler de football".
Le football, un accélérateur de carrière
Aujourd’hui, les choses évoluent. En témoignent les chiffres de la saison 2023-2024 qui ont enregistré un record historique avec pas moins de 251 360 licenciées de football amateur en France. C’est précisément cette dynamique qu’encourage la FFF et Intermarché avec le programme SENSATIONNELLES, pour la quatrième année consécutive.
"Les clubs que l’on voit (présenter leur candidature au programme SENSATIONNELLES by Intermarché) nous ont surpris dans leur volonté à accompagner les jeunes filles bien au-delà du terrain", affirme Olivia Soudais, présidente de l'Union des Mousquetaires. Des clubs qui, d’une certaine manière, offrent de nouvelles perspectives d’avenir à leurs joueuses. Arbitres, coaches, présidentes de club Youtubeuse ou journalistes… Le champ des possibles est infini, mais il y a un point sur lequel s’accordent Laure, Samia, et Manuela : le tout est "de suivre son cœur, ses envies".


















