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Maxime Chattam : les secrets d’un expert du thriller

LIVRES Découvrez les étapes de création d'un roman policier

Anna Rios-Bordes - 20 Minutes Production

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A 41 ans, Maxime Chattam a déjà signé plusieurs best-sellers
A 41 ans, Maxime Chattam a déjà signé plusieurs best-sellers — Jean-François Robert

Auteur à succès, Maxime Chattam a publié plus d’une vingtaine de thrillers et romans fantastiques. A l’occasion de la sortie chez Pocket du détonnant « Le Coma des mortels », ce passionné d’écriture dévoile ses méthodes de travail rigoureuses.

Organiser les projets d'écriture

Quand je trouve un sujet, je l’approche de différentes manières, ce qui donne souvent lieu à une série de romans. Ce qui m’amuse dans l’écriture, c’est de relever le défi d’une structure narrative complexe. Je peux travailler sur un projet un jour, et le lendemain sur un autre. Ou alors j’avance le matin et l’après-midi sur un même roman, et le midi et le soir je prends des notes pour préparer le suivant. Là par exemple, j’ai quinze romans en tête.

Préparer un « squelette de l’histoire »

Je pars toujours d’un canevas principal. Quand j’estime que j’ai assez de matière, je me lance dans l’écriture. En général, les grandes articulations sont là dès le début. Pour les romans fantastiques, j’improvise davantage. J’écris généralement mes romans d’une traite. Exception faite de « L’appel du néant » (sorti la semaine dernière chez Albin Michel). J’écrivais ce roman policier quand les attentats de Charlie Hebdo ont eu lieu. J’ai dû faire une pause pour installer un peu de distance entre la réalité et la fiction.

Penser la psyché des personnages

Contrairement à la description des lieux, j’invente mes personnages de toute pièce. Leur personnalité répond aux besoins de mon histoire. Je peux m’inspirer de quelqu’un que je connais, mais uniquement pour des personnages secondaires. Pierre, narrateur du Coma des mortels est totalement fictif. Mais sa décision de changer de vie est un leitmotiv universel. Qui ne s’est pas demandé : « Et si je plaquais tout ? ». Je cherche une logique à la psyché de mes personnages. « Le Coma des mortels » est le livre qui reflète le mieux ce défi.

Trouver le bon style

Je ne me fais pas de mal en écriture, mais je me donne du mal. La nuance est importante. La rigueur et la discipline sont les clés de l’exercice de cette passion. Chaque roman doit avoir un ton. J’essaie de trouver le bon tempo nécessaire à l’histoire. Par exemple, « Le Coma des mortels » a un style très différent de mes autres livres. Il est écrit à la première personne. Le narrateur pense dans un langage cru. En écrivant le Coma, j’avais en tête Daniel Pennac et sa série Malaussène.

Savoir dire adieu à ses personnages

Quand je termine un roman, j’éprouve une joie liée au sentiment d’accomplissement. En même temps, une douce mélancolie peut s’installer pendant quelques jours, voire une tristesse d’avoir dit adieu à mes personnages. C’est très particulier comme sensation. Stephen King disait avoir économisé 10 ans de thérapie avec ses livres. Moi, cela me permet surtout de me poser les bonnes questions sur le monde qui m’entoure.

A lire : Le coma des mortels - Collection Pocket Thriller (408 pages)

Ce contenu a été réalisé par 20 Minutes Production, l’agence de contenu de 20 Minutes pour Pocket.