Cette planète « vagabonde » avale six milliards de tonnes de matière… par seconde
j’ai faim !!!•Une planète errante a été observée en train d’absorber 6 milliards de tonnes de matière par seconde lors de deux épisodes au printemps et à l’été, brouillant la frontière entre planètes et étoiles20 Minutes avec agence
Des objets définitivement bien mystérieux. Les planètes errantes (ou vagabondes) sont des objets célestes qui n’orbitent autour d’aucune étoile. Leur existence a été découverte en 2000 et les chercheurs estiment aujourd’hui qu’il y aurait bien plus de planètes errantes que d’étoiles dans la Voie lactée.
Une nouvelle étude publiée dans la revue The Astrophysical Journal Letters s’est penchée sur l’une de ces planètes : Cha 1107-7626. Observée grâce au très grand télescope de l’Observatoire européen austral (ESO) et au télescope spatial James Webb, elle a une masse 5 à 10 fois supérieure à celle de Jupiter, rapporte IFLScience.
Des objets célestes à étudier plus sérieusement
Placée sous surveillance, la planète vagabonde a offert aux astronomes un comportement inédit. À partir d’avril dernier, elle a en effet commencé à grossir soudainement, avalant pas moins de 6 milliards de tonnes de matière… par seconde. Deux absorptions massives, aussi appelées flambées d’accrétion, ont été enregistrées en avril et mai puis de juin à août. Ces épisodes interrogent, car ils ne sont habituellement observés que chez les jeunes étoiles et non par des planètes.
« Cette découverte brouille la frontière entre les étoiles et les planètes et nous donne un aperçu des premières périodes de formation des planètes errantes », a déclaré Belinda Damian, coautrice de l’étude et astronome à l’université de St Andrews, en Écosse. Le cas de Cha 1107-7626 invite ainsi à se poser encore plus de questions sur les planètes errantes, et notamment sur leur origine.
Pour certains, il s’agit de planètes géantes éjectées de leur système natal. Pour d’autres, elles pourraient être des objets de plus faible masse formés comme des étoiles. « L’origine des planètes vagabondes reste une question ouverte », confirme Aleks Scholz, professeur à l’École de physique et d’astronomie de St Andrews et coauteur de l’étude.


















