Facebook développerait un outil de censure pour revenir sur le marché chinois

AMIS? Le réseau social américain est interdit en Chine depuis 2009...

M.C.

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Photo d'illustration Facebook, un réseau social.
Photo d'illustration Facebook, un réseau social. — JOEL SAGET / AFP

« Il vaut mieux que Facebook soit impliqué dans la diffusion de la conversation, même si ce n’est pas encore la conversation complète », aurait déclaré à ses employés Mark Zuckerberg, le patron du réseau social. Selon le New York Times, qui tient ses informations de trois employés et anciens employés, Facebook développerait en secret un outil lui permettant de censurer des contenus dans certaines régions du monde, dans le but de faire son retour sur le marché chinois/Le réseau social y est interdit depuis 2009.

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55 000 contenus supprimés dans 20 pays

Facebook supprime déjà des publications à la demande des autorités de certains pays, comme le détaille sa page « Rapport des demandes gouvernementales ». Quelque 55 000 éléments ont ainsi été bloqués entre juillet et décembre 2015 dans 20 pays comme le Pakistan, la Russie et la Turquie.

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Mais aussi en France, où le réseau social dit avoir restreint l’accès à du contenu négationniste ou faisant l’apologie du terrorisme, ainsi qu’à « 32 100 cas d’images uniques liés aux attaques terroristes de novembre 2015 à Paris, qui […] constituaient des infractions présumées aux lois françaises de protection de la dignité humaine ».

Des contenus empêchés d’apparaître sur les fils d’actualité

La nouveauté de cet outil, précise le New York Times, est qu’il permettrait d’empêcher directement certains contenus d’apparaître sur le fil d’actualité des utilisateurs de certains pays. Selon le journal, Facebook ne se chargerait pas de la besogne lui-même, mais donnerait son outil à une entreprise tierce, probablement chinoise, qui s’en servirait pour surveiller les thèmes d’actualité et sujets sensibles, avec la capacité de les empêcher d’apparaître sur les timelines locales.

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Les sources du New York Times préviennent toutefois que cette approche fait partie de plusieurs idées envisagées pour permettre à Facebook de revenir en Chine, et pourrait n’être jamais mise en œuvre. « Nous disons depuis longtemps que nous sommes intéressés par la Chine, et passons du temps à comprendre et apprendre davantage au sujet du pays, a réagi une porte-parole du groupe américain. Néanmoins, nous n’avons pris aucune décision sur notre approche vis-à-vis de la Chine. »