Intelligence Artificielle : Meta conquiert Wall Street grâce à la pub (et malgré ses dépenses faramineuses dans l’IA)
CARTON•Son patron Mark Zuckerberg veut en effet regagner du terrain dans la course à la « superintelligence »O.M. avec AFP
Meta (Facebook, Instagram) a ravi le marché, mercredi 30 juillet 2025, avec des revenus et bénéfices trimestriels en forte croissance… malgré des dépenses toujours plus impressionnantes dans l’intelligence artificielle (IA) et les turbulences macroéconomiques liées aux droits de douane.
Une action en hausse
L’empire américain des réseaux sociaux a largement dépassé les attentes avec 47,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, en croissance de 22 % sur un an, d’après son communiqué de résultats publié mercredi.
Son bénéfice net est ressorti à 18,34 milliards (+ 36 %), grâce notamment à la hausse des prix publicitaires et à la valeur ajoutée apportée par l’IA dans la conversion des annonces en achats. Son action grimpait de près de 12 % lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York.
Climat d’incertitude
« L’entreprise a non seulement résisté à l’instabilité économique de ces derniers mois, mais elle en a peut-être même tiré parti », a réagi Minda Smiley, analyste chez Emarketer.
Car les guerres commerciales américaines créent un climat d’incertitude qui bénéficie à Meta et ses plateformes éprouvées par les annonceurs, « incontournables pour toucher les consommateurs dans le monde entier », abonde Debra Aho Williamson de Sonata Insights.
Quand la pub profite de l’IA
Le patron Mark Zuckerberg a attribué les performances de sa firme à l’intégration de l’IA dans ses outils publicitaires. Lors d’une conférence, il a cité l’exemple des capacités de l’IA à recommander des emplacements aux annonceurs, et des contenus aux utilisateurs qui améliorent, respectivement, le taux de conversion des publicités et le temps passé sur les réseaux.
« Une part significative de nos recettes publicitaires provient désormais de campagnes utilisant l’une de nos fonctionnalités d’IA générative », a-t-il ajouté.
Course à la « superintelligence »
Les solides performances du groupe de Menlo Park (Californie) tombent bien pour Mark Zuckerberg, qui a besoin de convaincre le marché du bien-fondé de ses dépenses extraordinaires.
Le milliardaire veut en effet regagner du terrain dans la course à la « superintelligence », cette technologie hypothétique aux capacités cognitives supérieures à celles des humains, graal de la Silicon Valley.
Llama 4, la dernière version du modèle d’IA générative de Meta dévoilée début avril 2025, a déçu. Depuis, le groupe a relevé ses prévisions d’investissements annuels à une fourchette comprise entre 66 et 72 milliards de dollars.
Des investissements massifs
Et le patron parle désormais de « centaines de milliards de dollars » à investir dans de nouveaux centres de données conçus spécifiquement pour les modèles d’IA générative, avec des puces de pointe et des ressources énergétiques considérables.
Notre dossier « Meta »Il a d’ailleurs récemment déboursé 14,3 milliards de dollars pour acquérir 49 % du capital de Scale AI, et débauché son patron milliardaire Alexander Wang, ainsi que plusieurs employés d’OpenAI, Anthropic et Google, en leur offrant des primes faramineuses.



















