RIM peut-il s'en sortir?

HIGH-TECH Les différents scénarios évoqués par la presse et les analystes n'ont pas vraiment de happy end en vue...

Philippe Berry

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Le BlackBerry Bold 9900.
Le BlackBerry Bold 9900. — DR

En 18 mois, l'action RIM a perdu 85% de sa valeur, dégringolant de 70 dollars à moins de 10. Les profits warnings succèdent aux plans sociaux sans parvenir à inverser la tendance. Vente, démantèlement ou statu quo, les scénarios sont aussi incertains que l'avenir du créateur du BlackBerry.

Scinder la compagnie en deux

C'est la piste avancée par le Sunday Times. Selon le journal, RIM aurait mandaté JP Morgan and RBC Capital pour examiner une possible scission en deux entités distinctes: une division hardware/combinés et une software. L'idée serait de céder la première à Facebook, Amazon ou Microsoft, et de conserver la seconde ou de la vendre, misant sur la valeur de certains services comme la messagerie BBM.

 

Tout vendre d'un bloc

A moins de cinq milliards de dollars, RIM est une cible bradée. Mais que ça soit en un bloc ou en deux, encore faut-il trouver un acheteur. Microsoft a prouvé avec sa tablette Surface qu'il était capable de concevoir et de fabriquer du hardware tout seul. Et même si l'entreprise cherchait à acquérir un constructeur, Nokia, avec lequel elle a déjà un partenariat sur Windows Phone, serait une proie plus logique, estime Forbes.

 

Selon Reuters, Amazon a déjà approché RIM en 2011 sans succès. Depuis, Amazon a connu un certain succès en solo avec le Kindle Fire. Reste la piste Mark Zuckerberg, qui, selon la rumeur, n'a pas renoncé à sortir un «Facebook Phone». Mais après le gros chèque déjà fait pour Instagram et une introduction en Bourse mouvementée, pas sûr que le réseau veuille prendre le risque de racheter RIM.

 

Le statu quo

Selon Reuters, RIM voulait «s'en sortir tout seul», en 2011. La réorganisation a déjà permis de se débarrasser d'une direction bipolaire controversée. Selon Wired, l'entreprise aurait encore décidé de faire une croix sur les claviers physiques pour son prochain OS, baptisé Blackberry 10.

 

En ratant le virage du tactile, RIM, comme Microsoft, a laissé Apple et Google créer un duopole avec une masse critique telle qu'il devient compliqué pour un 3e acteur de se faire une place avec une app store digne de ce nom. En renonçant au clavier physique, RIM ferait le pari de miser contre le seul élément qui lui a permis de conserver quelques inconditionnels. Mais à seulement 6,4% des ventes de smartphones au premier trimestre 2012, contre 13,6% en 2011, RIM est obligé de tenter un coup de poker. Quitte à perdre sa chemise.

 

Souhaitez-vous voir RIM s'en sortir, ou est-il déjà trop tard?