La gauche promet d'abroger la loi Hadopi

INTERNET A condition qu'elle revienne au pouvoir en 2012...

S. C. avec AFP

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Le député socialiste Christian Paul demande la parole lors d'un débat à l'Assemblée sur la loi «Création et Internet» le 12 mars 2009
Le député socialiste Christian Paul demande la parole lors d'un débat à l'Assemblée sur la loi «Création et Internet» le 12 mars 2009 — DR

A 18 mois du scrutin présidentiel, le PS cherche à se mettre les internautes dans la poche. «En cas d'alternance que nous attendons pour 2012, nous nous engageons sur l'abrogation de la loi Hadopi et sur la suppression de la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi)», a déclaré le député PS Christian Paul, l'un des porte-parole du groupe PS contre le projet de loi à l'Assemblée en 2009.

Cette annonce intervient alors que les premiers courriels d'avertissement aux internautes soupçonnés de téléchargement illégal ont été envoyés (sauf aux abonnés de Free).

La loi Hadopi sera abrogée comme celle - à venir - sur les retraites ou la réforme des collectivités locales, a ajouté en substance ce proche de Martine Aubry et responsable du «laboratoire des idées» du PS. Il dénonce «l'impuissance de cette loi à apporter des réponses au financement de la création culturelle et de tous les désordres qu'elle va créer».

Réponse de Franck Riester
 
Dénonçant «le flou juridique» sur la question des données personnelles collectées par les différents maillons de la chaîne Hadopi, Christian Paul a soutenu l'opérateur Free qui refuse de distribuer les courriels d'avertissement pour le compte de l'Hadopi.
 
Pour le rapporteur UMP du projet de loi à l'Assemblée, Franck Riester, cette sortie de Christian Paul est une «posture politicienne des socialistes: s'opposer et surtout ne rien proposer». Il se dit persuadé «que Monsieur Paul et ses camarades socialistes illusionnistes ne reviendront ni sur la loi Création et Internet (Hadopi), ni sur la réforme des retraites, ni d'ailleurs sur la réforme des collectivités territoriales», «des réformes nécessaires, efficaces et justes». En clair, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.