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Le clavier K980 de Logitech peut-il tenir sa promesse d’autonomie infinie ?

Logitech peut-il tenir sa promesse d’un clavier pour ordinateur à l’autonomie infinie ?

HERE COMES THE SUN15 ans après une première tentative, Logitech récidive avec le K980, un clavier pour ordinateur 100 % autonome
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Il aura fallu 15 ans à Logitech, après un premier essai en 2010, pour lancer un nouveau clavier pour ordinateur fonctionnant à l’énergie solaire.
  • Totalement indépendant de toute recharge filaire, le « Signature Slim Solar + K980 » s’alimente à la lumière du jour ou d’une lampe et affiche une autonomie jusqu’à 4 mois… dans le noir !
  • Malgré la réussite du fabricant, le secteur de l’électronique grand public semble encore avoir du mal avec la technologie solaire qui reste encore perfectible quant à ses possibilités.

Finies les piles à remplacer, finies les batteries à recharger. Vous n’aurez plus à vous soucier de l’alimentation du nouveau clavier Signature Slim Solar + K980 de Logitech. La raison ? Fonctionnant à l’énergie solaire, il promet une autonomie infinie en s’alimentant grâce à la lumière naturelle ou artificielle. Est-ce vraiment possible ?

15 ans après une première tentative

Oui. Et ce n’est pas la première fois que le fabricant suisse s’aventure sur le terrain des claviers pour ordinateur fonctionnant à l’énergie solaire. En 2010, déjà, son K750 avait pris ce pli. Le site Les Numériques parlait alors d’un des « produits les plus green jamais conçu de la High-tech » ! 15 ans plus tard le K980 épate peut-être un peu moins par son concept, mais s’avère bien plus évolué et abouti que son aîné.

Assez élégant, complet avec son pavé numérique, ce nouveau clavier sans le moindre fil se distingue donc par son petit bandeau solaire logé sur le haut. Celui-ci est tellement discret que l’on pourrait l’imaginer faisant partie du design du périphérique. Opérationnel dès que déballé, il n’est pas besoin d’opérer une première charge sur secteur, comme ce fut longtemps le cas pour des petits produits high-tech solaires, incapables d’effectuer une première recharge à la lumière…

Se connectant instantanément en Bluetooth (ou via le récepteur Logi Bolt non fourni, vendu 14 euros), le K980 peut « gérer » trois périphériques, comme un ordinateur, une tablette, ou pourquoi pas un smartphone et ce, quel que soit leur système d’exploitation (Windows, macOS, ChromeOS, Linux, iPadOS, Android). La case « simplicité » est cochée.

L’appui sur une des trois touches nommées « Easy Switch » le connecte à son appareil de prédilection et l’on peut ainsi en changer selon les besoins. Attention, le K980 n’a cependant pas une vocation nomade. Un peu encombrant (142,2 x 430,8 x 20,2 mm) et guère léger (700 g), c’est incontestablement un sédentaire qui préférera rester à la maison ou au bureau que d’être trimbalé dans un sac à dos.

Jusqu’à 4 mois d’autonomie sans charge

Constats aux premiers essais : la hauteur d’utilisation du clavier K980 ne peut être réglée comme sur son prédécesseur qui possédait des petites béquilles à relever. Et il ne dispose pas de touches rétroéclairées. Certes regrettable, ce second point peut s’entendre, Logitech misant sur l’autonomie infinie de son équipement.

Selon le fabricant, ce clavier pourrait ainsi fonctionner pendant quatre mois sans la moindre exposition lumineuse. Des affirmations impossibles à vérifier (à moins qu’il y ait dans la salle un volontaire pour travailler dans le noir durant 120 jours ?), mais Logitech semble pleinement faire confiance à sa technologie. D’ailleurs, le constructeur n’a pas prévu de prise USB-C sur son clavier pour le recharger à l’aide d’un adaptateur secteur.

L'ergonomie du clavier Signature Slim Solar+ K980 de Logitech fait partie de ses points forts.
L'ergonomie du clavier Signature Slim Solar+ K980 de Logitech fait partie de ses points forts. - Logitech

Ferme sans l’être trop, la frappe sur le K980 reste agréable, mais assez classique. Passer, comme nous l’avons fait pour nos tests, d’un clavier sans fil Mac à la frappe très douce, à celle du clavier Logitech, a demandé un petit temps d’adaptation. Bon point cependant : le K980 reste plutôt silencieux, même en cas d’usage vigoureux.

Logitech fait toujours très fort quant à la personnalisation de ses équipements de bureautique (clavier et souris). Le dernier venu n’échappe pas à la règle, qui permet d’attribuer à différentes touches une fonction particulière. Celle-ci est à définir à travers le logiciel Logi Options +. Entre autres intérêts, la possibilités de définir de véritables scénarios de travail que l’on attribuera à telle ou telle touche. Comme, par exemple, de surligner automatiquement un texte à l’écran et de le traduire grâce à l’IA. Autant de « raccourcis » qui permettent de totalement personnaliser son clavier. Raccourcis que l’on peut par ailleurs orchestrer à l’aide de la nouvelle souris MX Master 4 du fabricant.

Notre dossier «Énergie solaire»

À saluer enfin (outre les performances de ce clavier un peu plus green que les autres): s’il ne nécessite aucun apport externe en énergie électrique, il est aussi fabriqué à base de 70 % de plastiques recyclés et se dispense de tout emballage superficiel. Ici, une simple boîte en carton à l’intérieure de laquelle a été imprimé le mode d’emploi. Vendu 109 euros, le Signature Slim Solar + K980 de Logitech est l’un des moins chers dans la gamme du fabricant.

Notons enfin que les petits produits tech fonctionnant à l’énergie solaire peinent encore à s’imposer. En cause : le manque d’autonomie et le temps de recharge nécessaire face à des équipements qui ont parfois de gros besoins en énergie. À l’époque du premier clavier solaire de Logitech il y a 15 ans, d’autres fabricants tentaient d’incorporer le solaire dans l’ADN de leurs produits : LG ou Samsung sur des mobiles pour lesquels le solaire intervenait en complètement d’une charge électrique plus classique.

Une start-up française nommée Wysips (désormais rachetée par Sunpartner Technologies) tentait même d’imaginer le smartphone pouvant se recharger à l’aide d’un film transparent dédié sur son écran. Las ! Si elle semble toujours le graal à atteindre, l’idée du smartphone 100 % solaire n’est cependant pas enterrée. En 2019, Xiaomi déposait le brevet d’un terminal mobile au dos recouvert de cellules photovoltaïques. Et au dernier salon Mobile World Congress de Barcelone, la firme Infinitix présentait le prototype d’une coque solaire rechargeant le smartphone placé à l’intérieur.