«Project Natal»: rencontre du 3e type avec Milo

E3 Son créateur l'affirme, ce petit garçon digital peut vous reconnaître ainsi que vos expressions, certains mots et intonations...

Philippe Berry, à Los Angeles

— 

Milo, un petit garçon digital créé par Peter Molyneux
Milo, un petit garçon digital créé par Peter Molyneux — Lionhead
De notre envoyé spécial 

 

Peter Molyneux fait partie des légendes du jeu vidéo. On doit notamment au créateur britannique «Populous» et «Dungeon Keeper». Parfois, comme avec le jeu de rôle «Fable», ce visionnaire promet la lune et accouche d'un résultat bien moins révolutionnaire qu'annoncé. Sa dernière création, le petit garçon digital Milo, qui utilise les fonctionnalités du «Project Natal» de Microsoft, a généré un buzz monumental depuis sa présentation lundi, en ouverture du salon du jeu vidéo de Los Angeles. Jeudi, 20minutes.fr a pu brièvement rencontrer Milo, dans une salle du stand Microsoft gardée comme un trésor, en compagnie de son créateur.

 

(vidéo à regarder impérativement pour visualiser ce qui suit)

 

Milo est un petit garçon qui aime traîner près d'une rivière. Grâce à deux caméras (une qui track le corps du joueur dans l'espace, et une qui analyse ses expressions faciales et vocales, plus de détails ici), on peut interagir avec lui.

 

Un démonstrateur s'avance. Milo, qui l'a déjà vu, le reconnaît immédiatement «Salut David, comment vas-tu? Joli t-shirt vert!». Un journaliste américain s'avance à son tour, et entame une conversation. Milo lui demande s'il va bien. Le journaliste lui raconte une anecdote amusante, en y mettant le ton. Le petit garçon rigole. «Bien sûr, il n'a pas tout compris», reconnaît Peter Molyneux, «mais il sait, à l'intonation, et en analysant les expressions du visage, qu'il s'agissait de quelque chose d'amusant». Milo peut ainsi reconnaître si la personne devant lui est inquiète,  triste, ou en colère.

 

Dans un autre mode

 

Le vocabulaire qu'il comprend est pour l'instant limité. «Entre 500 et 1.000 mots». Et ses réponses sont évidemment scriptées. Mais, selon son créateur, Milo pourra discuter sur de sujets plus vastes chaque jour, de nouvelles informations (comme qui a gagné «American Idol» par exemple) étant rentrées en permanence.

 

Vient notre tour –la suite, expérience subjectives s'il en, à la première personne.

 

Je s'avance. Milo m'invite à toucher l'eau et me lance des lunettes de plongée. Sans réfléchir, je tends mes mains pour les attraper.  Je regarde pourtant un simple écran de télévision. Mais j'ai tellement l'impression de faire face à un vrai petit garçon, vivant, avec sa personnalité espiègle, que je suis totalement happé par l'expérience.

 

Je lève la tête pour regarder l'arbre. Comme si je jouais à un jeu de tir à la première personne, la caméra, en vue subjective, suit mon mouvement. Je recule dans la pièce; le décor s'éloigne. J'ai l'impression –pas vraiment physique, mais plutôt mentale– d'être dans le monde de Milo. Couplé à des lunettes 3D, qui permettent de ressentir la prodondeur (comme pour le jeu Avatar d'Ubisoft), l'expérience pourrait être totalement immersive –on n'a pas fini d'entendre la vieille chanson sur les dangers des jeux vidéo.

 

Je m'approche de l'eau. Mon reflet (capturé par une caméra) apparaît à l'écran, dans l'onde. Qui, quand j'avance mes mains, s'agite. La démonstration est terminée. A la prochaine, Milo!

 

 

>> La possibilité d'en savoir davantage sur la technologie et ses vraies possibilités était malheureusement limitée. Nous ne manquerons pas de retourner voir Microsoft et Peter Molyneux pour les cuisiner.

 

Impatients? Dubitatifs? Curieux? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous