Hadopi: NKM joue le coup d'après

TELECHARGEMENT Malgré le rejet de la loi Création et Internet, la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique a réuni les professionnels concernés par le texte.

David Carzon

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Nathalie Kosciusko-Morizet le 19 février 2009
Nathalie Kosciusko-Morizet le 19 février 2009 — BALTEL/SIPA

Elle a toujours dit qu’elle se situait dans l’après-Hadopi. Elle tente de le prouver aujourd’hui, même si le calendrier lui joue des tours avec le rejet au moins temporaire, de la loi pour la protection de la création sur internet jeudi dernier à l’Assemblée.

>> Notre dossier sur Hadopi et la loi Création et Internet

Malgré ce contretemps parlementaire, Nathalie Kosciusko-Morizet a inauguré ce mardi à La Cantine, haut-lieu parisien du Web communautaire, la première étape de son cycle de rencontres et de débats pour faire naître, aider ou faire connaître les nouveaux modèles économiques de la création musicale.

Trouver un terrain d'entente économique
 
Sa démarche est risquée, car tous ceux qui ont essayé de réconcilier le monde de la musique et celui d’Internet s’y sont cassés les dents. Nathalie Kosciusko-Morizet fait donc le pari de trouver avant toute chose, un terrain d’entente économique favorable à chaque maillon de la chaîne. Pas gagné, surtout après avoir entendu les intervenants de la réunion de ce mardi matin organisée par le magazine SVM.

Un premier débat qui a surtout donné la parole aux acteurs de la nouvelle économie numérique, opérateurs de télécoms (SFR, Orange…), fournisseurs d’accès (Free), site d’écoute en streaming (Deezer), label communautaire (MyMajorCompany, Jamendo), radios en ligne (Néo, Goom) ainsi que les grandes plateformes de vente en ligne (Fnac, Virgin)…
 
Rééquilibrage du financement de la musique

Histoire de montrer qu’elle ne pratique pas la langue de bois, NKM a déploré «une offre légale faible qui peut être décevante en quantité ou en mode d’accès, et n’est pas forcément construite pour attirer de manière intuitive les internautes». Un discours qui tranche avec tout ce qui a été dit à l’Assemblée durant les débats sur la loi.

Autour d’elle, tous les intervenants sont au moins d’accord pour dire que les marges sont tellement faibles qu’ils ont du mal à se développer. Jonathan Benassaya, le patron de Deezer, met les pieds dans le plat, à savoir la question du rééquilibrage du financement de la musique, le montant et la complexité des droits: «Je reverse 50 à 70% de mes revenus aux producteurs et ayants-droits, je ne connais pas beaucoup d’industries où les choses se passent comme cela».

Aboutir à des musiques concrètes

En fait, chacun a son problème spécifique: Orange ne vend pas son forfait musique à 12 euros, la Fnac fait au mieux 2 centimes de marge par titre vendu, Free se plaint des nouvelles taxes qui apparaissent chaque année… Beaucoup de choses que NKM aura du mal réconcilier.
 
Mais sa prochaine étape est d’abord de réunir les acteurs de musique: artistes, producteurs, éditeurs, managers… «Pour l’instant, je veux que chacun s’exprime, dise les choses le plus clairement possible et ensuite je confronterai tout le monde», a expliqué la secrétaire d’Etat qui compte parvenir à un consensus fin juillet pour aboutir à des mesures concrètes.