Reader adopté, en attendant d'avoir plus

Christophe Séfrin

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Une première page se tourne pour le Reader. Vendu en exclusivité à la Fnac jusqu'à fin avril (299 euros), le livre électronique de Sony a été adopté par près de 6 000 Français depuis son lancement le 28 octobre dernier. Près de 13 000 ouvrages ont été téléchargés, d'abord des romans et des nouvelles, puis des policiers et des thrillers.

La Fnac profite du Salon du livre à Paris, pour dévoiler les résultats une étude menée auprès de 409 utilisateurs du Reader. Selon Marie-Pierre Sangouard, directrice du livre à la Fnac, les conclusions sont « sans réelle surprise ». Profil des acheteurs ? Des hommes (à 69 %) de 46 ans et plus, d'un niveau social plutôt aisé et habitant à 41 % dans Paris intra-muros. A 92 %, les lecteurs interrogés se disent « satisfaits » du livre électronique et décernent un 7,6/10 à son confort de lecture.En moyenne, ils l'utilisent deux fois par semaine, voire une fois par jour pour la moitié d'entre eux. « La bonne nouvelle est que la praticité de l'objet est reconnue », se félicite Marie-Pierre Sangouard. Revers de la médaille, les utilisateurs du Reader pointent la pauvreté du catalogue de titres à télécharger. Souvent un peu datées, moins de 4 000 références sont proposées (contre 35 000 dans une petite librairie). Une exclusivité, cependant, le 18 mars : un premier livre sortira simultanément en version papier et électronique, La nuit de Geronimo, de Dominique Sylvain (Editions Viviane Hamy).

Autre grief des lecteurs, le prix des ouvrages, 10 % moins chers seulement que leurs homologues de papier. Selon l'enquête de la Fnac, 75 % des personnes interrogées estiment que le livre à télécharger devrait être 40 % moins cher. Pour Marie-Pierre Sangouard, le monde du livre électronique reste « un terrain à défricher ». Contrairement aux livres de papier, la TVA y est à 19,6 % et les prix libres. Un point inmportant, surtout, le modèle économique n'a pas encore trouvé son équilibre. ■