Présidentielle américaine : Quelles sont les fake news les plus populaires sur Facebook concernant le scrutin ?

DESINFORMATION A quelques jours de la présidentielle américaine, la désinformation liée au vote et à la sécurité du scrutin se propage sur Facebook, malgré les mesures prises par la plateforme pour limiter ce type de contenu

H. B.

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Illustration fake news.
Illustration fake news. — ALLILI MOURAD/SIPA

A quelques jours de l’élection présidentielle américaine, les fausses informations liées au vote et à la sécurité des élections prospèrent sur Facebook, malgré les promesses de la plateforme de limiter ce genre de contenus.  L'organisation NewsGuard, qui a développé une extension de navigateur Internet qui permet d’analyser la fiabilité des sources d’information [pre-bunking], a identifié 40 pages Facebook qui constituent des « super diffuseurs » de désinformation sur les élections américaines.

« Ces pages ont partagé des contenus faux sur le vote ou le processus électoral à plus de 100.000 abonnés chacune. Seuls trois des 53 billets identifiés sur ces pages – des pages qui, combinées, atteignent environ 22,9 millions d’abonnés – ont été signalés comme faux par Facebook », explique Newsguard.

Parmi les comptes qui propagent le plus de fausses informations, on retrouve la page Facebook de Glenn Beck (3.186.888 likes), commentateur conservateur et animateur de télévision, qui publie des liens vers son site Web et vers TheBlaze.com, le réseau d’information de droite qu’il a créé. Mais aussi la page Facebook de Pamela Geller (1.283.200 likes), une écrivaine conservatrice connue pour ses critiques de l’islam et qui a promu la théorie du complot sur le lieu de naissance de Barack Obama, ou encore la page Facebook de David J.Harris Jr. (1.178.355 likes), un commentateur conservateur qui exploite deux sites Web d’actualités qui publient régulièrement de fausses déclarations.

Bulletins de vote par correspondance rejetés, votants décédés…

A quelques jours du scrutin américain, l’organisme de pre-bunking a également répertorié les mythes en ligne les plus populaires sur le scrutin. Parmi ceux-ci figurent des allégations selon lesquelles des bulletins de vote par correspondance auraient été jetés, des bulletins de personnes décédées seraient comptabilisés comme des votes, ou encore des intox au sujet des observateurs du scrutin. L’analyse montre également que les mythes liés aux élections américaines présentent souvent des problèmes communs liés au vote comme des exemples de fraude ou de supercherie, semant le doute sur le processus électoral, alors même qu’ils peuvent être corrigés. D’autres semblent reposer sur une compréhension erronée des règles et des pratiques électorales, qu’elle soit intentionnelle ou pas.

« Par exemple, un post populaire sur Facebook affirmait récemment que la Pennsylvanie avait rejeté 372.000 bulletins de vote, alors qu’en fait, les autorités de cet Etat américain avaient rejeté 372.000 demandes de vote par correspondance », explique l’organisme de pre-bunking.  Aux Etats-Unis​, il n’est pas rare que des demandes de vote par correspondance soient rejetées, sans que cela révèle nécessairement l’existence d’un quelconque problème. Cette allégation, apparue sur au moins cinq pages Facebook aux fortes audiences, fait partie des dizaines d’allégations trompeuses que Facebook n’a pas signalées comme fausses.

Malgré les efforts annoncés par le patron de Facebook Mark Zuckerberg pour endiguer la propagation de la mésinformation sur les élections, « ces pages continuent à publier des informations profondément fausses sur le vote et le processus électoral américain, en violation semble-t-il de ses politiques », explique Newsguard. De nouvelles intox, qui se fondent sur des interprétations erronées et trompeuses, continuent d’émerger tous les jours…