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Pierre Kosciusko-Morizet: «J'étais quasiment tout le temps d'accord avec Eric Besson et ce n'était pas ma soeur»

Pierre Kosciusko-Morizet: «J'étais quasiment tout le temps d'accord avec Eric Besson et ce n'était pas ma soeur»

INTERVIEWEtre patron du site Price Minister et frère de la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Economie numérique ne lui pose pas de problèmes. Sauf peut-être de moins voir Nathalie Kosciusko-Morizet qu'avant...
Propos recueillis par Vincent Glad

Propos recueillis par Vincent Glad

Dans l'Internet français, Pierre Kosciusko-Morizet est partout. Patron du site de vente en ligne Price Minister, il est aussi président de l'Association de l'Economie numérique et co-président de l'Association des services Internet communautaires («le lobby du Web 2.0», comme il le définit lui-même).


Alors évidemment, la nomination surprise de sa grande sœur Nathalie au poste de secrétaire d'Etat à l'Economie numérique fait jaser le milieu. Interview du frère de la nouvelle «Price secretary of state».


La nomination de votre sœur est la surprise de dernière minute. Comment l'avez-vous appris?

Nathalie m'a appelé ce jeudi matin. J'étais en réunion, elle m'a laissé un message sur mon répondeur. Elle ne m'en avait pas parlé avant, mais ça ne veut pas dire qu'elle n'en discutait pas ces derniers jours. Plusieurs noms, dont celui de Frédéric Lefebvre que je réprouvais, ont circulé pour ce poste, il y a manifestement eu beaucoup d'hésitations. Ce n'est pas facile de trouver un ministrable qui connaît bien Internet.

Justement, Nathalie est-elle une geek?

Non, non, et d'ailleurs, je ne le suis pas non plus (rires). Je n'ai un BlackBerry que depuis quelques semaines, elle en a un depuis plus longtemps que moi! Je sais qu'elle surfe beaucoup sur Internet. Quand je lui envoie un mail, j'ai généralement une réponse dans les quelques minutes. Et quand je discute avec elle du Web, je vois qu'elle maîtrise bien le sujet.

Frédéric Lefebvre, longtemps pressenti pour le poste, n'était pas parvenu à définir le Web 2.0. Vous avez envoyé en urgence un SMS de définition à votre sœur?

Non, elle n'en a pas besoin. Elle connaît très bien tout ça, on ne pourra pas la piéger.


Votre nom avait circulé pour prendre le secrétariat d'Etat. Pourquoi ne pas y aller vous-même?

Il est vrai qu'avant la nomination d'Eric Besson, la rumeur m'annonçait comme possible secrétaire d'Etat. Mais on ne me l'a jamais proposé formellement. De toute façon, la politique, ce n'est pas mon truc, j'ai une entreprise à gérer.


Vous êtes président de l'Association de l'Economie numérique. Nathalie est maintenant secrétaire d'Etat à l'Economie numérique. N'y a-t-il pas un risque de conflit d'intérêt?

Je ne le pense pas. Le secrétaire d'Etat n'est pas une personne avec qui il faut négocier. Sa mission est de développer l'Internet en France et là-dessus, tous les acteurs du Web sont en plein accord avec lui. J'étais quasiment tout le temps d'accord avec Eric Besson et ce n'était pas ma sœur. La négociation sur les moyens financiers ne se passe pas entre le secrétaire d'Etat et les associations, mais entre le secrétaire d'Etat et ses collègues ministres. La vraie question est de savoir si une décision de ma sœur pourra avantager mon entreprise, Price Minister. Je ne pense pas que ça soit possible. D'autant que nous serons scrutés de près sur ce point-là. Il n'est pas impossible que je vois moins ma sœur qu'avant.

Eric Besson a finalisé son plan pour l'Economie numérique. Que reste-t-il à faire pour Nathalie Kosciusko-Morizet?

Les bonnes idées sont remontées, c'est incontestable. Il reste maintenant à les mettre en œuvre pour ne pas qu'on en reste au simple constat qu'il faut développer le Web en France. Ce sera la mission de ma sœur. Le plan Besson souffrait d'un manque évident de moyens. La nomination de Nathalie, qui est très respectée pour son bilan à l'Ecologie, est un signe positif: elle pourra, je l'espère, obtenir plus facilement des moyens auprès du gouvernement.