Facebook: Des emails internes révèlent une culture de la croissance à tout prix

WEB Parallèlement, la numéro 2 de l'entreprise, Sheryl Sandberg, a reçu le soutien du conseil d'administration ...

20 Minutes avec AFP

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La numéro 2 de Facebook, Sheryl Sandberg, devant le Congrès américain, le 5 septembre 2018.
La numéro 2 de Facebook, Sheryl Sandberg, devant le Congrès américain, le 5 septembre 2018. — Ron Sachs/NEWSCOM/SIPA

Facebook va de crise en crise. Une commission parlementaire britannique a publié des emails internes du groupe, mercredi, l'accusant d'avoir divulgué des données personnelles d'utilisateurs à certaines entreprises et d'avoir eu recours à des méthodes contestables pour étouffer la compétition. Alors que l'entreprise est dans la tourmente, sa numéro 2, Sheryl Sandberg, qui a été critiquée critiquée pour son rôle dans une enquête interne sur le milliardaire George Soros, a reçu mercredi le soutien appuyé du conseil d'administration.

«La publication de ces documents est dans l'intérêt du public», a tweeté Damian Collins, le président de la Commission sur le numérique, la culture et les médias (DCMSC) de la chambre des Communes. «Ils soulèvent des questions importantes sur la manière dont Facebook gère les données de ses utilisateurs, sur leurs politiques en matière de collaboration avec des développeurs d'applications et sur la manière dont ils exercent leur position dominante sur le marché des réseaux sociaux», a-t-il ajouté.

Tuer la compétition dans l'oeuf

Voici les quatre principaux enseignements des documents:

  • Damian Collins affirme que Facebook a noué des accords avec certaines entreprises pour leur permettre «un accès total aux données des amis des utilisateurs» du réseau social, bien que le géant américain ait annoncé en 2015 mettre fin à ces accès.
  • Facebook a utilisé la start-up israélienne Onavo, qui développe des applications de service mobile, pour conduire des enquêtes sur l'usage des applications par les utilisateurs, «apparemment à l'insu» de ceux-ci, selon Collins. C'est notamment ce qui a conduit au rachat de WhatsApp.
  • Facebook a cherché à tuer Vine dans l’œuf en lui coupant l'accès à son graphe pour trouver des nouveaux amis.
  • Facebook a réussi par un tour de passe-passe à accéder aux SMS des utilisateurs Android sans afficher de demande d'autorisation.

Contacté par l'AFP, Facebook a affirmé «n'avoir jamais vendu les données de quiconque». Les documents publiés mercredi «sont présentés de manière très trompeuse sans ajouter de contexte», a déclaré un porte-parole de Facebook. La semaine dernière, le président de la Commission avait demandé à un responsable du réseau social d'expliquer le contenu d'emails internes de Facebook saisis au sein de l'entreprise américaine Six4Three, provenant à l'origine d'une plainte aux Etats-Unis et obtenus en vertu d'une procédure parlementaire rarement utilisée.

Soutien à Sheryl Sandberg

Parallèlement, Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook, a reçu mercredi le soutien appuyé du conseil d'administration du premier réseau social du monde, alors qu'elle est critiquée pour son rôle dans une enquête interne sur le milliardaire George Soros. «Les actions de Mme Sandberg étaient tout à fait appropriées en raison de son rôle de numéro deux», assène le CA.

Facebook a utilisé une agence de communication à la réputation sulfureuse pour contrer les critiques du milliardaire après l'affaire des manipulations russes à l'occasion de la présidentielle américaine de 2016. Definers –dont le contrat a été annulé depuis par Facebook– avait tenté de lier les attaques dont le réseau social faisait l'objet à George Soros, bête noire des républicains et de l'extrême droite et cible d'innombrables attaques antisémites.

Sheryl Sandberg, qui avait un temps nié avoir eu connaissance des agissements de Definers, a ensuite –après de nouvelle révélations du New York Times– reconnu avoir demandé une enquête sur le milliardaire.