Avec #MosqueMeToo, des musulmanes dénoncent les agressions sexuelles lors du pèlerinage à La Mecque

FEMINISME Un mot-dièse a été lancé sur le modèle de #MeToo pour dénoncer les agressions sexuelles lors du hajj…

O. P.-V.

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Chaque année, des musulmans du monde entier se rendent en pèlerinage à La Mecque, en Arabie saoudite.
Chaque année, des musulmans du monde entier se rendent en pèlerinage à La Mecque, en Arabie saoudite. — Amr Nabil/AP/SIPA

La vague de libération de la parole autour des violences faites aux femmes touche aussi le pèlerinage à La Mecque. Le hajj, qui doit avoir lieu fin août, est l’objet d’un mot-dièse apparu sur les réseaux sociaux depuis cette semaine :  #MosqueMeToo (#MosquéeMoiAussi) sert à dénoncer les cas de harcèlements et d’agressions sexuelles qui ont lieu lors de ce pèlerinage, cinquième pilier de l’Islam, qui rassemble plus de deux millions de personnes chaque année en Arabie saoudite.

« Mon expérience dans la ville sainte est éclipsée par cet horrible incident »

Le mouvement a pris sur les réseaux initialement sans le hashtag, avec ce post par exemple d’une jeune Pakistanaise sur Facebook, le 2 février, qui prévient que son message pourrait « heurter les sensibilités religieuses ». Agressée sexuellement à plusieurs reprises lors de son pèlerinage à La Mecque, elle raconte que « toute son expérience dans la ville sainte est éclipsée par cet horrible incident ».

#MosqueMeToo a ensuite été lancé en début de semaine par une journaliste américano-égyptienne, Mona Eltahawy, qui avait raconté avoir été agressée à 15 ans, lors de son pèlerinage en 1982. Elle a pris pour modèle pour son mot-dièse le fameux #MeToo qui avait accompagné les témoignages de femmes dans la foulée de l’affaire Harvey Weinstein.

Des centaines de tweets ont suivi l’initiative de Mona Eltahawy, par exemple celui de cette étudiante en médecine originaire des Etats-Unis, qui écrit trouver « difficile de penser au pèlerinage aujourd’hui, quelque chose qui aurait dû être l’un des meilleurs souvenirs de ma vie et qui aurait dû me rapprocher de Dieu m’a juste détruite ».

Même écho de la part de cette internaute, qui, après avoir pris connaissance du hashtag, écrit qu’il « m’a ramené à des souvenirs horribles pendant le hajj 2010. Les gens pensent que la Mecque est l’endroit le plus saint pour les musulmans et que personne ne ferait quelque chose de mal. Totalement faux. »