Avec #WeNeedToTalk, des Égyptiens dénoncent la politique du président al-Sissi

EGYPTE C'est un détournement du slogan du Forum mondial de la jeunesse, organisé à Charm el-Cheikh...

O. P.-V.

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 17 avril 2016.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 17 avril 2016. — GEAI LAURENCE/SIPA

L’Egypte se prépare à accueillir le Forum mondial de la jeunesse ( World Youth Forum) à partir de samedi, et ce jusqu’au 10 octobre. L’événement se tiendra à Charm el-Cheick, « sous le patronage de son excellence le président Abdel Fattah al-Sissi », rapporte France Info. Pour promouvoir la chose, les organisateurs ont réalisé un clip, diffusé sur les réseaux sociaux, accompagné d’un hashtag, #WeNeedToTalk.

Or, « We need to talk » donne en français « Il faut qu’on parle ». Il n’a évidemment pas fallu attendre longtemps pour que de jeunes internautes égyptiens décident de le détourner. Sur Twitter, #WeNeedToTalk s’est transformé en réceptacle des revendications à l’endroit du gouvernement égyptien.

La déclaration d’Emmanuel Macron moyennement appréciée

Résultat : « Il faut qu’on parle » de la torture par exemple, ou des répressions policières dans le pays d’al-Sissi, ont tweeté en nombre des internautes égyptiens.

Dans un post sur Facebook, ce chercheur égyptien résume l’état d’esprit : « Il faut qu’on parle de nos vies précaires et de nos futurs maltraités, de nos amis écrasés, vidés et anéantis en prison, ceux qui sont partis et ne sont jamais revenus ».

France Info rappelle qu’une précédente campagne par le ministère égyptien du Tourisme avait été détournée de manière similaire en 2015. À noter que la visite du président égyptien à son homologue français le 24 octobre avait également provoqué de nombreux commentaires en ligne, Emmanuel Macron ayant alors déclaré que « de la même façon que je n’accepte qu’aucun autre dirigeant me donne des leçons sur la manière de gouverner mon pays, je n’en donne pas aux autres ».