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L’iPhone déçoit les analystes high-tech britanniques

L’iPhone déçoit les analystes high-tech britanniques

PORTABLELes analystes sceptiques sur l’avenir commercial du portable d’Apple...
M.N

M.N

Et si l’iPhone ne séduisait pas le consommateur européen? C’est la question que se posent les analystes du marché des télécommunications depuis mardi, jour du lancement du téléphone tout tactile au Royaume-Uni par Steve Jobs lui-même. Car la version exhibée par le gourou d’Apple à Londres, et qui sortira le 9 novembre outre-Manche, n’est pas plus innovant que celui en vente aux Etats-Unis. D’où, selon l’International Herald Tribune, une «déception» ressentie par les professionnels de la téléphonie.


Premier écueil: l’iPhone européen ne profitera pas des réseaux de troisième génération (3G) plus rapides pour la navigation Internet que le Edge (équivalent du GSM), la solution initiale choisi par Apple tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Pour Martin Garner, analyste industriel chez Ovum, un iPhone utilisant les possibilités du 3G était «la moindre des choses».


Navigation web limitée


Lors de sa prestation londonienne, Steve Jobs s’est justifié: «Le 3G demande des processeurs trop gourmand en énergie.» Autre problème et non des moindres: outre-Manche, le réseau Edge ne couvre que 30% de la population de Grande-Bretagne. Et un Britannique sur cinq dispose d’un téléphone connecté à un maillage 3G. Il n’est pas dit que O2, opérateur téléphonique exclusif choisi par Apple pour exploiter l’iPhone, puisse satisfaire ses 17,8 millions de clients. Paul Goode, de l’agence M:Metric, est sceptique. «Nul doute que cela sera un obstacle pour l’iPhone: vous n’allez demander pas aux gens de diminuer le niveau d’équipement.» Le dirigeant d’Apple a tout de même promis de développer un iPhone 3G «pour l’an prochain». Ce qui oblige le constructeur américain à travailler sur une nouvelle batterie plus puissante.


Trop cher


L’autre critique des analystes anglais concerne le prix du joujou: «trop cher» pour toucher le plus grand nombre. Pour James Barford, de l’agence Enders Analysis, «269 livres (385 euros) pour un portable avec un abonnement (entre 50 et 80 euros par mois) en plus à payer n’est pas un prix attirant.» Comprendre: l’échec commercial n’est pas loin si Apple n’arrive pas à séduire le plus grand nombre, comme cela a été le cas aux Etats-Unis où ils se sont écoulés comme des petits pains. Ben Wood, analyste chez CCS Insight, est un peu plus optimiste pour le téléphone à la pomme : «Il n’y aucun doute que l’iPhone sera le cadeau high-tech phare pendant les fêtes de fin d’année.» L’iPhone européen sauvé par le Père Noël? Réponse dans quelques mois.