Darknet: Le FBI accusé d’avoir payé une université pour identifier les utilisateurs du réseau
HIGH-TECH•Les responsables du réseau Tor affirme que le FBI aurait versé un million de dollars pour cette opération qu'ils qualifient d'illégale...M.C.
Le FBI a-t-il payé des scientifiques pour identifier les utilisateurs du « darknet ? » C’est ce qu’affirment les développeurs de Tor, le logiciel censé garantir l’anonymat des internautes qui permet d’accéder à la «face cachée du Web», dissimulée aux yeux du plus grand nombre.
Selon les responsables du Tor Project, l’ONG à l’origine du logiciel, le « Bureau » aurait ainsi versé un million de dollars à des chercheurs de l’université américaine Carnegie Mellon pour dévoiler leurs techniques permettant de révéler les adresses IP des utilisateurs du réseau.
Des « trafiquants de pédopornographie et de drogues présumés » identifiés
L’origine de cette affaire remonte à une attaque contre le réseau Tor débutée début 2014, et qui aurait continué jusqu’en juillet de la même année. Elle aurait eu pour but de rassembler des informations sur les utilisateurs du darknet. L’équipe du projet, qui ignore l’étendue des informations récoltées à ce moment-là, soupçonne cependant la prestigieuse université Carnegie Mellon d’être derrière l’attaque.
Ces soupçons se précisent en août 2014, alors que des chercheurs de Carnegie Mellon, qui devaient révéler des failles de Tor lors d’une conférence d’expert en sécurité informatique, ainsi que la façon dont ils les avaient exploitées pour identifier « des trafiquants de matériels pédopornographiques et de drogues présumés », annulent subitement leur intervention. Ils cessent également de répondre aux courriels des membres du Tor Project, affirment ceux-ci.
Absence de preuves
L’affaire semble en rester là jusqu’à mercredi, quand le site Motherboard affirme avoir consulté des documents juridiques prouvant qu’une institution académique avait fourni des informations au FBI sur la manière d’identifier des individus soupçonnés d’activités criminelles sur le darknet. « Apparemment, ces chercheurs ont été payés par le FBI pour lancer un vaste coup de filet [contre le réseau], puis analyser les données ainsi récoltées pour trouver des gens qu’ils pourraient accuser de crimes », affirme Roger Dingledine, à la tête du Tor Project. Selon lui, cette attaque, réalisée sans mandat ni supervision, était donc illégale.
Contactée par le site du magazine Wired, l’université ne nie pas les accusations mais souligne l’absence de preuves de son implication, tout en disant n’être pas au courant d’un quelconque paiement. Le FBI, lui, ne s’est pas encore exprimé.


















