Illustration hacker.
Illustration hacker. - A. GELEBART / 20 MINUTES
Philippe Berry

2,5 gr d'héroïne? 0,7 Bitcoin, soit environ 250 euros. Un pistolet Glock 9mm? 1.600 euros. Un faux passeport danois? 800 euros. Dans les méandres du dark Net, ces 90% du Web non indexé par les moteurs de recherche traditionnels, tout se vend. A condition de savoir où acheter. C'est là qu'arrive Grams, un moteur de recherche qui veut devenir le Google du côté obscur.

On n'accède pas à Grams par son navigateur traditionnel. Il faut installer le client TOR, qui anonymise le trafic à travers plusieurs relais intermédiaires, et coller l'adresse http://grams7enufi7jmdl.onion dans le champ URL. On atterrit alors sur un moteur aux couleurs de Google –il y a même le bouton «J'ai de la chance».

Bientôt un système d'enchères publicitaires

Pour l'instant, Grams indexe le contenus de sept marchés, dont la v2 du pionnier SilkRoad, Agora, BlackBank, Cloud-Nine, Evolution, NiceGuy, Pandora et The Pirate Market. On peut y acheter –à condition d'avoir des Bitcoins– de la drogue, des médicaments, des armes, des faux papiers d'identité ou des numéros de cartes bancaires volées.

Son créateur, gramsdmin, explique à Wired que l'indexation se fait sur la base du volontariat. Il fournit une API (interface programmable) aux sites qui le veulent pour inventorier leur contenu. Il a de nombreuses idées pour se développer, dont un système de recherche sponsorisée similaire à AdWords de Google. Un vendeur pourrait, par exemple, acheter le mot-clé «cocaïne» pour que son annonce remonte. La boucle est bouclée.